Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /2007 00:44

Lundi soir  19 février  2007

Marina de Boca Chica

 

Notre étape dominicaine se termine. Demain nous partons pour l’est direction Saint Martin, comme nous nous l’avons dit aux officiels pour le despacho, ce qui n’exclut pas quelques haltes pour le repos et la sécurité de l’équipage.

Nous sommes  arrivés, il y a 2jours, à la marina ou le personnel nous a aidé à prendre une place au ponton. Nous avons retrouvé Julio, le cuisinier barman de la marina. Celle-ci a bien changé ; elle a été rénovée et embellie, mais revers de la médaille, elle est devenue une des plus chers des Antilles : tout inclus prés de 1,5 USD le pied, pour une place à quai (soit presque 50 DOL la nuit.)

Nous ne sommes restés qu’une nuit à quai, le temps de faire le plain d’électricité et d’eau avant de prendre une bouée, ce qui est beaucoup plus abordable.

Nota ; selon les officiels du port il est interdit de mouiller sur ancre.

Le trio d’officiels est arrivé, les amarres à peine en place, mais les formalités ont été vite expédiées et pour pas trop cher : 50 US à payer à l’immigration dont deux visas de tourisme et quelque chose pour les faux frais  et a notre guise 10 USD pour payer la motoconcho des gens du port (le bureau est à 500 m). Au total ce n’est pas cher ; ailleurs selon les expériences cela va de 8O USD pour les faux papiers d’un vrai officiel (La Romana) à 90 USD a Santo Domingo (pour de vrais papiers)   . Le document de la bienvenue de la marina dit que donner un petit pourboire aux officiels est un geste d’amitié, car ils sont très mal payés.

Heureusement le restaurant de Julio est  resté abordable et très bon ;

Tout ceci, plus une séance        Internet (nous avons le wifi qui fonctionne bizarrement mais a peu près) nous a pris toute l’après midi.

Dimanche nous avons été faire les courses à la ville, en suivant le malecon, mauvaise route en bord de plage avec des installations balnéaires (voir photos). Comme nous étions dimanche, il y avait beaucoup de monde et beaucoup de musique très fort (le plus fort possible en fonction des baffles). Toute la partie plage locale est sympa, la partie plage à touriste l’est moins ; surtout la partie drague des vieux blancs (qui de plus se donnent des airs d’aventuriers, c’est vrai que les risques doivent être grands) .Nous avons fait le complément de vivres au supermarché, et le nécessaire en pesos a la caisse automatique.

Lundi matin, plein de fuel à la pompe du club nautico, situé juste à côté mais d’accès un peu difficile à faire avant que le vent ne se lève. Puis vidange de l’huile, le moteur fuit un peu semble t il par le joint en bas. Il ne fuit pas beaucoup, mais c’est sale. J’ai constaté que le second alternateur avait cassé ses fixations (un boulon), il est donc hors d’usage.   Nous avons refait un tour en ville, pour dépenser les pesos qui restaient. Nous avons acheté du poisson frit à une échoppe locale, c’est très bon et pas cher.

 

Samedi après midi

Mouillage de Luis Pena, ilot de Culebra

Notre retour de déroule parfaitement bien, avec peu de vent ; mais quand il y a en a trop nous attendons. Nous ne plaignons pas de ce peu de vent ; avec 7 nœuds nous mettons les voiles et avançons.

La première étape nous a mené à Saona, île à l’est d’Hispaniola ;bonne partie de voile avec un bon vent de nord est montant jusqu’ 25 nœuds  , avec deux ris et le génois très roulé , nous allions encore à plus de 6 nœuds , dans une mer remuante . Nous sommes arrivés au mouillage dans la soirée après avoir vu beaucoup de bateaux : toute une flotte venant du sud et allant à Bayahibe ( peut être un rallye), et aussi des catamarans probablement de location mais nous étions seuls au mouillage de la pointe Patillas, confortable malgré le vent. Le décor est splendide.

La deuxième étape était la traversée du canal de Mona : 100 miles en ligne droite jusqu'à la pointe ouest de Puerto Rico : le cabo rojo. Nous sommes partis vers 8H du matin, en longeant l’île de Saona, passant à l’intérieur des récifs bien visibles de la cote sud. Jusque la le vent était nord est ; puis après la pointe il a basculé est ; de plus la mer pour passer la pointe est devenue très confuse , avec un courant portant au sud .Notre trajectoire s’est donc infléchie vers le sud . Le vent était modéré : de 10 à 15 nœuds. Nous avons continué vers le sud est jusque vers 2H du matin, ou nous nous avons virer vers le nord. Notre progression vers l’est avec une mer formée et courte a été longue : de 9h du soir à 6 h du matin nous avons fait 18 miles vers l’est ! Au petit matin le vent est tombé alors que le cabo rojo était à 10 miles dans l’est. Nous avons mis le moteur, pour aller jusqu’au cap. Puis le vent est revenu sud est et nous avons poursuivi à la voile jusqu’aux cayes de Puerto Jacinto, ou nous avons passé la nuit. C’est un bon abri, dans un lagon bordé de mangroves.

Nous sommes repartis au petit matin ; petit vent mais suffisant pour avancer sous voiles ; un grand bord vers le sud Est puis un bord vers le nord est et nous sommes arrivés à l’entrée de la baie de Jobos, remarquable par une énorme usine sur la côte. L’entrée est étroite mais les coraux sont bien visibles et il y a une perche sur les coraux du nord : pas de problème donc, avec un vent moyen ; s’il y a plus de vent, les fonds  remontant a 3,5 m juste avant la passe, il peut donc y avoir une grosse houle A part cette usine le mouillage n’est pas mal : cayes de mangrove vers le sud, montagne pelée en arrière plan. Pour passer une journée entière on peut mouiller un peu plus à l’est pour cacher l’usine mais nous sommes repartis bien vite vers minuit, pour profiter de la baisse de vent nocturne et avancer vers l’est au moteur. La sortie dans le noir s’est fait en suivant au GPS la trace de l’entrée : facile, puis nous avons longé la côte d’assez loin, en regardant toutes les lumières, spectacle auquel nous n’étions plus habitués. Au lever du soleil nous étions à l’entrée du canal de Vieques , et le vent s’est levé : 8 nœuds sur une mer plate , un peu sud est nous permettant d’aller sur un bord vers Culebra .

Nous sommes donc arrivés à l’île de luis pena, petite île à l’ouest de Culebra, avec un mouillage relativement abrité au sud ouest. Il y a  5  bouées , a part deux barques locales amenant des snorkeleurs .La plongée est en effet très belle, avec beaucoup de poissons peu farouches ; il y a 3 ans nous y avions vu deux requins dormeurs et une tortue, cette année seulement un énorme barracuda     .

Bref ? Nous nous attendions à un retour difficile vers l’est mais le vent  a été clément, la navigation de nuit nous permettant d’éviter les surventes de la journée et de profiter de très beaux ciels étoilés

 

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Lundi après midi

Mouillage de Marigot à Saint Martin

 

 Voila nous avons fini notre deuxième tour des caraïbes et Luliberine a retrouve son mouillage habituel de Saint Martin, à Marigot.

Nous sommes repartis de Culebra vers 3H de l’après midi , après une longue pause de presque 4h ; le vent était faible mais suffisant et de plus de sud est donc nous permettant d’aller vers l’est sans louvoyage. Nous sommes passés entre Culebra et Culebrita vers 17 h , l’heure du retour de très nombreux gros bateaux a moteur, fonçant trouver une place au mouillage. Le si joli mouillage de la cote sud de Culebra ou nous étions seuls il y a 3 ans était maintenant plein de bateaux. Beaucoup de bateaux sortaient aussi du beau mouillage de Culebrita, si tranquille il y a 3 ans (il faut dire que c’était le week end et que tous les mouillages connus sont alors  envahis par les bateaux venus de Porto Rico, pied sur l’accélérateur et musique à fond …). Au cocher du soleil nous étions a mi chemin de St Thomas. Le vent est presque complètement tombé, mais nous avons poursuivi à la voile tranquillement pour arriver de jour. Toute la nuit nous avons tiré des bords au nord des îles vierges. Au matin nous sommes entrés dans le sound en passant au nord de Tortola. Et nous avons commencé à voir beaucoup de voiliers, les premiers sous voile depuis longtemps !!      Là aussi, il y a beaucoup de bateaux dans les mouillages.

Nous voulions aller nous mouiller dans le nord de Virgin Gorda pour nous reposer un peu et faire du snorkel avant de prendre la direction de St Martin mais quand nous avons mis en route le moteur l’alarme huile s’est mise en route vérification faite, il n’y avait plus une goutte d huile sur la jauge, et pourtant pas beaucoup d’huile dans le bac de récupération ; mais ou l’huile était elle passée ? J'ai remis un reste de bidon et le moteur a redémarre normalement. Par prudence et pour réserver le peu d huile a une arrivée difficile à Saint Martin, nous avons donc abandonné l’idée du  mouillage et nous sommes partis directement vers Saint Martin. Heureusement nous avons bénéficié d’un temps acceptable : 13 à 20 nœuds( 2 ris et le génois partiellement roulé) et une mer peu agréable, mais qui permettait le prés sans faire taper le bateau à condition de ne pas chercher à faire du prés serré. Donc tout s’est bien passé et nous sommes arrivés à St martin à 11H soit 24 h pour faire les 80 miles avec du vent pile dans l’axe et un peu de courant contraire ; pas mal donc !

Nous avons mouillé sous voile, exercice que n’avions plus pratiqué depuis longtemps ; mais nous n’avons pas cherche à mouiller au milieu des autres bateaux, très très nombreux.

Nous sommes immédiatement allés à terre chercher de l’huile et téléphoner à Cécile qui est arrivée aussitôt accompagnée de Megan, ravie de retrouver le bateau qu’elle n’avait pas vu depuis 2 ans. Nous avons refait le plein d’huile  du moteur et sommes partis nous mouiller prés du débarcadère, pour rendre plus facile les va et vient de toute la famille. 

 

PHOTOS

 

01 en route le long de la cote haitienne

 

O2à 04 scénes de plage à Boca Chica

 

 05 Mouillage de Luis Pena ilot pres de Culebra

 

06 /07 retour vers St Martin avec  du vent au pres et 3 nuits en mer

 

08 Megan barre

Par le mousse - Publié dans : luliberine
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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 22:30

Samedi 9 février

Marina de Port Morgan île a vache

 

 Nous sommes ici depuis «  jours et nous avons retrouvé les anciennes habitudes. 

Les canots des enfants et des ados  viennent nous voir pour nous proposer des mangues, des citrons, de prendre les poubelles (qui finiraient dans le premier champ venu si nous leur donnions) ou tout simplement nous demander des cadeaux. Au début c’est amusant, à la longue c’est un peu lassant même si  ils sont peu insistants. Heureusement nous avons aussi la visite des amis : Vilna  et son mari Doudou, Mackenzi, Cama et Pierre, Wiltor et aujourd’hui Samuel. Tous nous ont accueilli avec de grandes embrassades. Nous avons aussi fait connaissance de nos voisins du bateau Taïga : Magali et Jean-Luc qui se baladent avec leur deux filles (8et6 ans) avec un programme un peu semblable au nôtre.

Il leur est arrivé ici une mésaventure qui montre une certaine dégradation du climat envers les étrangers. Ils se promenaient avec leurs filles, accompagnés de Vilna et son mari quand ils se sont rafraîchis à un puit. Un peu d’eau que Jean-Luc se mettait sur la figure est tombée dans le puit. Aussitôt les voisins ont crié que le puit était sali et sont devenus menaçants. Nos amis sont rentrés vite fait au bateau. Pendant ce temps, les gendarmes alertés, sont venus emmener Vilna, puis Doudou en prison. Le lendemain Jean-Luc prévenu est parti voir le juge, au chef lieu de l’île a vache madame Bernard, Le juge a dit que c’était regrettable, mais qu’il lui fallait suivre la vox populi et qu’il fallait nettoyer le puit en le vidant, ou payer 3000 USD ; c’était le but recherché. Le curé du village Madame Bernard, alerté a alors prêté sa motopompe et a fait vider le puit. Bilan 60 M3 d’eau gâchée pour rien, une eau précieuse ici.  Cet incident a été confirmé en moins grave avec Anne Marie. Nous passions devant la nouvelle école de Cacoq (le village de la marina) avec notre ami Mackenzi .Un enfant a pris sa main pour lui demander de l’argent, comme elle refusait il lui a donné une tape, puis une deuxième, et est parti en criant tout fier : «  j ai tapé le blanc ». Le maître qui avait vu la scène, n’a rien dit.

Quand nous nous promenons en saluant  les gens, beaucoup sont moins souriants qu’avant et certains répondent à peine.

Pourtant nous en avons rencontré d’    autres qui se réjouissaient du futur développement du tourisme ; en effet des immigrés viennent faire construire de grandes maisons procurant du travail à certains. De ce fait , nous avons constaté une certaine progression des maisons et des signes d’enrichissement : une maison avec des fenêtres a vitres , une moto ( les chemins me paraissent impraticables ) , un groupe électrogène chez notre ami Dominique qui est gérant de chantier .C’est probablement cet enrichissement de certains qui provoquent des rancœurs , car plus qu’ailleurs les Haïtiens sont avant tout jaloux des autres .La communauté n’existe pas , il n’y a pas de sens de l’interet commun et de l’entraide .

Néanmoins cela reste très plaisant et les promenades dans l’île sont agréables, dans un paysage splendide, qui reste pour moi un des plus beaux des Caraïbes. Il y a des collines assez verdoyantes, des ravins avec des grands manguiers, des prés avec de belles vaches, des champs de mais ou de yuccas, des anses découpées, des mangroves, des maisons blanchies avec des toits de chaume et des entourages de fenêtre peints en couleurs vives . Aucune route, que des sentiers larges d’un mètre, bordés de plantes grasses.

 

Dimanche, grande balade en passant par Soulette ,un petit village de pécheur pour y  donner une photo prise il y a 2 ans,  puis Trou milieu , autre village et retour, tout cela  en compagnie de Samuel.  Le soir nous avons dîné à l’hôtel, un très bon plat de crevettes fraîches (nous avions aussi mangé deux soirs avant un très bon poisson rose (vivaneau ?) au gros sel.

Lundi  visite de la ville des cayes , avec l’alibi d’acheter un peu de fruits et un peu d’épicerie , en fait nous voulions revoir cette grande ville , la deuxième d’ Haïti ,( mais bien loin derrière Port au Prince ) ; Nous y avons été en taxi pays , une grande barque à moteur pouvant normalement contenir 10 personnes et chargés ce lundi matin de plus de 20 personnes ; heureusement que la mer était plate . Le débarquement aux Cayes se fait sur les tas d’ordures, par l’intermédiaire de bateaux poussés par des perches, car les «  gros «  bateaux ne s’approchent pas de la rive ; il n’y a pas asse d’eau et pas de quai. Une fois poussée les cochons, agents nettoyeurs, on arrive à une grande rue, en gravier. Il y a une multitude de mobylettes qui font taxis (2 passagers par mobylettes), et des carrioles à bras pour transporter les marchandises, car ce n’est pas seulement un port de passagers, c’est aussi un port de fret pour toute la cote sud. (Assuré par de grosses barques à voile, à beau gréement houari). Nous avons été jusqu’au marché, passant plusieurs gués d’eaux nauséabondes à chaque intersection de rues. Le marché est  grouillant de vie, avec des marchands de tout : de fruits, légumes,  viande, de diverses épiceries vendues à la plus petite unité possible (j’exagère, nous n’avons pas vu d’allumettes vendues à la pièce). Nous avons acheté : 2KGS de tomates vertes pour 50 gourdes, 4 pamplemousses pour 25 gourdes une dizaine de bananes pour 10 gourdes (.1dollar= 35 gourdes) Ensuite Vilna a fait réparé sa chaîne de montre par un bijoutier, installé sur le bord de la rue. Il chauffait la chaîne avec un chalumeau dont le débit était assuré par un aide avec une pompe style vélo. Nous avons un peu exploré les rues du centre en attendant qu’ils finissent leurs courses: il y a des maisons coloniales a colonnades, pas très belles mais mieux entretenues qu’à Cuba autour du square de l ; église. Déception : les belles enseignes peintes (et souvent très drôles car écrites en créole) ont été replacées par des enseignes au néon, sans aucune poésie. Beaucoup de monde circulent dans les rues, à pieds en vélo, en motos ,en bus pays bariolés …le tout complété par un défilé pré carnaval, cela doit être chaud.

L’après midi nous avons fait le tour pour donner les photos prises depuis notre arrivée, et avons pris la météo : wind (20 Nœuds) demain au cap Beata, mais moins fort prés de la cote, vent faiblissant mercredi après midi  nous partons donc demain. 

Malgré la légère détérioration du climat, l’île à vache et port Morgan reste une de nos escales préférées. Et le restaurant de l‘hôtel une très bonne table, pour un prix très raisonnable.

 

 

Nos amis haïtiens

 

Vilna est depuis notre première visite notre laveuse de linge. Elle fait du beau travail pour si peu cher que Anne Marie lui donne plus que ce qu’elle demande. Elle nous a invite a déjeuner chez elle : deux petits poissons et du riz ;  ce qui est un peu gênant car nous déjeunons tous seuls. Mais c’est propose si gentiment, que nous ne pouvons refuser. Vilna et Doudou ont 3 filles, ils ne sont pas mariés car ils n’ont pas l’argent pour faire la fête de mariage. L’intérieur de la maison est très pauvrement meublé, mais il y a deux nouvelles chaises Doudou cultive un petit champ : bananes, un peu de mais, un cochon et des poules. Il n’a pas l’air trop fatigué par ses journées de travail. Ils nous ont accompagnés aux cayes, tous les deux, très gentiment, en espérant un cadeau qu’ils ont eu. Doudou n’avait sans doute aucun travail urgent à faire sur ses terres Ils ont fait réparé un bracelet en argent et acheté des bricoles. J’ai eu des questions quant à mes possessions de batteries ou de postes de radio en surplus.

 

Mackenzi

C’est un garçon de 15 ans que nous avons connu il y a 4 ans et  parlait déjà bien français. Il est orphelin de père, et à de nombreux frères et sœurs. Certains sont déjà mariés avec un métier, l’un est maçon. Un autre a une compagne et m’a demandé d’être le parrain ; il est cultivateur et pécheur. Il a une vache, ce qui n’est pas mal. Quand nous sommes arrivés Mackenzi ne pouvait plus aller à l’école, car il n’avait pas payé, 250 gourdes le semestre (6 USD). Il est en dernière année de primaire. Il a quand même une montre Casio ; mais après l’école lui et son frère n’avait pas déjeuné et avaient faim et ont mangé au bateau

Sa maison fait très pauvre.  Ils cultivent un peu de bananes, un peu de haricot, un peu de canne à sucre (qui se mange comme friandise en suçant la tige).

Nous l’aidons en lui payant son semestre et en lui donnant cahiers, stylos billes etc.

 

Wiltor

C’est un beau parleur, un peu déroutant car quand il s’adresse à nous il nous appelle on : on s’est bien promené veut dire : est ce que vous vous etes bien promené. Il nous approvisionne en légumes et fruits qu’il va chercher à la ville des cayes. Son tarif nous parait raisonnable (pas plus de deux fois le prix du marché déduction faite du prix du bateau pour aller aux cayes). Nous avons payé un peu l’école de sa fille Luna il y a deux ans ; alors il nous l’amene, c’est une grande fille très timide. Il semble très machiste car nous n’avons pu qu’apercevoir sa femme quand nous passions devant chez lui.   

En fait sa femme parle à peine le français. Elle nous a cuisiné des lambis et du riz, qui étaient bons. Wiltor nous a dit que c’était cadeau , mais que sa fille avait besoin d’un peu d’argent pour terminer l’année scolaire , après beaucoup de considérations sur les Haïtiens qui abusaient des blancs , il a fini par dire qu’il voulait 500 gourdes . (Qu’il a eu bien sur, nous sommes des amis très chers)

 

Cama et Daniel

Ce sont aussi deux jeunes qui n’allaient plus au collège car ils n’avaient pas payé. Ils sont en deuxième année de collège ; Cama à 21 ans. Il comprend très bien le français et le parle bien. Il semble très intelligent. Les deux copains sont venus laver la coque du bateau, puis nous avons rallongé leur paie pour assurer à chacun le deuxième semestre de scolarité : 10 USD chacun. Cama a eu l’initiative d’appeler Samuel notre « filleul «  qui fait sa scolarité aux cayes pour lui dire que nous étions là

 

Samuel

Nous le connaissons depuis 4 ans et lui payons ses frais de scolarité. Il est en 10 éme année d’études à 21 ans et va au lycée des Cayes. Il est donc en équivalent seconde.   Malgré cela, il continue à parler un français un peu hésitant, et n’a pas su me dire ce qu’il avait étudié en français ou en histoire la semaine dernière. Beaucoup de ses cours sont en français !! ; il étudie aussi l’informatique et son école dispose de 50 ordinateurs. Ils sont 70 élèves dans sa classe .Il veut être électricien, mais ne pourra faire une école technique qu’après l’équivalent du bac.

Ceci est un peu attristant, il paraissait plus intelligent que les autres et après 4 ans, il n’a pas beaucoup progressé en français.  

Il est orphelin de père.et lui aussi a de nombreux frères et soeurs

 

En Haïti, le système scolaire et entièrement payant et dès qu’un enfant ne paie pas, il est sur le champ renvoyé chez lui ; les fournitures ne sont pas données et l’uniforme, payant, est obligatoire .Vu leurs  très faibles ressources, l’absence de travail pour les parents, leur scolarité est plus que chaotique et s’éternise, même pour les enfants sérieux

 

 

Haïti

 

Tous les avis des français rencontrés convergent sur le cas dramatique d’Haïti, non pour sa pauvreté matérielle, certes très grande, mais pour son  manque totale de structures communautaires, et de l’incapacité des haïtiens à se soucier des autres et à coopérer, sans même parler de travailler, au moins à l’île à vache.

 

Quelques exemples de l’île a vache.

Le médecin espagnol qui a résidé longtemps ici, a fait construire un dispensaire avec des aides d’Espagne ; non seulement elle a acheté le terrain, les matériaux, mais elle a du aussi payer les ouvriers locaux qui ont gâché le ciment .Plus récemment des ONG ont foré des puits et ont dit qu’il fallait cimenter autour. Les locaux ont demandé à être payés le ciment étant fourni ; du coup l’ONG a rebouché les puits qui, sans cela, auraient été aussitôt pollués .Un canadien avait fait des jardins potagers et appris à des locaux à s’en occuper il s’est absenté 6 mois, à son retour il a constaté que rien n’avait été arrosé. Un autre avait fait un vivier à langoustes pour faire grossir celles qui étaient prise trop jeunes, le vivier a été détruit.

Didier et Françoise, les patrons de l’hôtel, ont fait une pépinière de cocotiers (eux même ont planté une cocoteraie mais ils ne font jamais de récolte, les noix leur étant dérobé au fur et à mesure); ils vendent les plants 12 gourdes les 12, avec en plus 12 gratuits. Certes il faut attendre 5 ans pour la 1° récolte, mais après c’est un revenu. Haïti est déficitaire en noix de coco et les importe de Rep Dom. Eh bien, ils n’en ont pas vendu un. « Il faut faire un trou, les arroser un peu, et on est pas sur que tout pousse ! »

Ies habitants ,ici, sont absolument incapables de s’associer pour mettre en commun un groupe électrogène ou un bateau à moteur pour la pêche. Et malgré l’exemple de l’hôtel, dont les sols ont bien résisté au cyclone grâce aux  cultures en terrasses, n’envisagent d’en faire. « Si les sols de l’hôtel ont tenu, c’est que c’était terre de blanc. »

Et pourtant, l’île a vache pourrait développer son agriculture, car s’il ne pleut pas beaucoup (1M d’eau annuel quand même), ce serait assez pour faire beaucoup mieux que ce qui se fait et assurer une meilleure alimentation sur place. Heureusement les jamaïcains occupent la moitié est de l’île et trafiquent, ça fait un peu de rentrée d’argent, surtout pour les responsables qui laissent faire. L’ONU a quand même un fait un tout petit tour dans les marigots. Leur arrivée vue longtemps à l’avance a permis de tout préparer pour leur visite.

Nous recommandons la lecture du livre de Christophe Wargny, Haïti n’existe pas, à tous ceux intéressé par les problèmes du tiers monde. Haïti, première république noire qui s’est libérée seule du colonisateur, a vraiment un avenir sombre. Pour moi son seul espoir est que les exilés fort nombreux veuillent bien  expliquer les vertus du travail et de la solidarité. Ce ne parait pas évident.

 

Mardi soir marina de Port Morgan

 

Nous sommes partis et nous sommes revenus après une balade de 20 miles ; le vent était trop fort : 22 nœuds de face, des vagues énormes  cela nous promettait une nuit (ou deux) trop difficile.

 

Jeudi soir

 

Mouillage de la baie Aguyjas, au sud du Cabo Falso (sud ouest du Cabo Beata)

La première moitié de notre traversée jusqu’à Bose Chica s’est bien passée , malgré un vent exactement dans le nez , heureusement pas très fort , et même très faible une partie de la nuit , ce qui nous a obligé à mettre le moteur .

La baie est bien protégée de l’est, dans un joli cadre, la baie plus au sud avec un cadre de falaises est peut être encore plus jolie. Il y a juste un petit campement de pêcheurs, mais on voit au loin la cimenterie ( ?).

  Note technique sur la navigation  inutile pour tous ceux qui n’ont pas la route à faire.

 Nous avons commencé par louvoyer toute la journée le long de la cote haïtienne , avec un vent de 10 à 12 nœuds ; cette partie de cote , surtout des Cayes à la baie des anglais est vraiment magnifique et donne envie de s’y arrêter , mais selon Didier ce n’est possible qu’avec des Haïtiens à bord , pour expliquer ce que nous ferions là .A 20 H le vent est tombé a moins de 6 nœuds , rendant inévitable le moteur avec le petit clapot  qui empêchait le bateau de prendre de la vitesse sous voile . De 3H à 5 h , le vent est revenu et nous amené un peu plus loin que Jacmel .Puis de nouveau moteur jusqu’à 11H ou le vent est revenu presque sud , et est ensuite monté jusqu’à 15 nœuds . Il semble que ce soit la règle dans cette partie du golfe que le vent tourne très sud , permettant un cap de 120 , nous l’avons constaté à chaque fois .Nous sommes arrivés à 15 H .

Nous n’avons pas constaté de courant, contrairement aux autres fois

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Samedi matin 9H

            

            En mer devant Santo Domingo.

Le vent nul toute la nuit est remonté à 6 nœuds , ce qui propulse le bateau à plus de 3 nœuds . La mer est absolument plate . Nous sommes sûr d’arriver à Boca Chica dans l’après midi . Ceci nous permet de nous reposer d’une nuit de moteur.

 

Note technique de navigation .

Nous sommes partis au lever du soleil pour passer le cap Beata avant que le vent ne se lève. Cela a été parfaitement réussi et nous avons été au prés jusqu’au cap, sur une eau plate, avec des passages à moins de 4 m d’eau. Hélas pour la beauté du paysage, il y avait pas mal de nuages. Après le cap nous avons continué cap 120, mais nous étions contre le clapot avec du courant contraire ; Alors nous avons viré de bord, le vent a adonné doucement et vers 16 h, nous étions bâbord amures sur le bon cap, avec un vent pas très fort de 8/10 nœuds. Au coucher du soleil, le vent s’est couché aussi et nous avons du mettre le moteur, passant le cap Palenque, sans que le vent ne se relève ; la fois d’avant avec ce type de temps et les mêmes prévisions météo (15 nœuds d’est) nous avions eu 30 nœuds !

Notre route semble la bonne : tirer un peu à l’est après le cap Beata d’une dizaine de miles puis virer. Le courant vers la cote porte à l’est.

 

   La navigation apporte bien des surprises .Nous nous attendions à une rude navigation vers l’est, avec louvoyages face au vent (les cirés étaient prêts) mais à part la 1° journée ou  nous avons fait pas mal de virements de bord pour admirer la côte, le vent nous a abandonné, nous obligeant au moteur .Hélas, hélas, c’est triste pour des voileux, ce ronron obsédant pour nos oreilles avec, pour consolation, la contemplation d’un magnifique ciel étoilé. A la vitesse ou nous passons, nous avons le temps aussi de regarder Santo Domingo, dont nous ne connaissons que la vieille ville coloniale .C’est une très grande cité, allongée sur des kilomètres de côte, hérissée d’énormes buildings ; bref, s’abstenir de la découvrir par la mer, d’autant plus que les stations d’épuration doivent oublier de fonctionner vu la quantité de débris divers et variés que nous voyons flotter autour du bateau

 

   

 

PHOTOS

 

01 et 02 deux anses prés de la marina, l’anse de Cacoq est celle du village prés de la marina ; l’autre est à la ponte ouest qui ferme cette anse.

 

03 et 04 deux maisons dans le style traditionnel de l’île ; évidement les deux photos sont choisies parmi les plus belles , mais elles sont toutes blanchies à la chaux avec des peintures vives . Les volets et les portes sont peints de couleurs vives. Les plus pauvres (il y en a peu) ont des portes en palmes .Il y a très peu de maisons en palmes.

 

05 et 06 Contrairement à l’idée générale sur Haïti, il y a encore beaucoup d’arbres sur l’île, surtout des manguiers et des cocotiers, mais il y a aussi des bananiers et des citronniers, et d’autres espèces qui poussent dans les ravins entre les mornes.  La terre dans les creux ne semble pas pauvre, malgré le calcaire visible des mornes. Les vaches semblent bien nourries, il y a aussi des chevaux, des moutons et des chèvres ,et bien sur des cochons et des poules.

 

07 barques de pêcheurs. Il y a des canots taillés dans un tronc d’arbres (bwa fouyé, prononcer pour comprendre)  mais il y a aussi des barques de construction traditionnelles, avec des gréements à livarde. Ces barques ont un équipage de 3 ou 4 personnes, et vont assez loin poser des filets ou des nasses. Ils arrivent à faire un peu mieux que le travers, et s’aident de rames pour remonter au vent. Au travers, un équipier fait du rappel en s’aidant d’une perche.

 

10 et 11 le marché des cayes est très animé, avec des vendeurs et des acheteurs ; il y a quelques étals, mais beaucoup de fruits sont exposés sur le sol.

 

12 et 13 c’est sur une barque de ce type que nous avons été aux cayes : environ une heure de traversée, nous étions très nombreux, et je pense que beaucoup ne savaient pas nager. Pour descendre à terre, il a fallu faire comme sur la photo et débarquer sur le quai de photo 13, en poussant les cochons !

L’hôtel utilise un quai em beton
Par le mousse - Publié dans : luliberine
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Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /2007 15:54

dimanche 4 février 2007

Santiago de Cuba

 

Depuis la marina, nous avons pu visiter un peu  la région orientale de Cuba.

 

Baracoa et la pointe est de Cuba

Baracoa se trouve sur la cote nord ouest de Cuba, à 250 kms de Santiago. Nous y sommes allés en voiture de location. La route passe par Guantanamo, qui n’est pas seulement une base américaine mais aussi une grande ville cubaine, très tranquille. Son centre est une place, la place Cespedes évidement, longée par les  2 rues principales bordées de maisons style colonial revues 1930 ou rococo.

Après Guantanamo, la route longe d’abord la mer dans un  paysage de collines calcaires et de végétations sèche ; c’est pas mal, mais le principal interet en est la richesse en panneaux vantant la révolution avec des phrases sentencieuses, de Marti  ou  de Fidel, ainsi que les différentes espèces de memorials dressés pour les 5 héros.

Ensuite la route aborde la montagne et le paysage devient très beau , probablement un des plus beaux des Antilles .La végétation est variée , avec des palmiers et des pins ,et beaucoup d’autres espèces . Il y a très peu d’habitations, quelques fermes au toit de palme. Cependant au passage du col, des petits vendeurs nous proposons  mandarines,  bananes, boules de cacao et colliers de coquilles d’escargots  très colorées.

 A l’entrée de Baracoa, la route se peuple de dizaines de piétons, de vélos et de calèches. A peine arrivés, un jeune à vélo nous interpelle et demande si nous désirons une casa particulare et nous précède pour nous en montrer une, en vérifiant au tournant qu’il n’y a pas de policiers. Nous visitons la casa de Nancy ; c’est une maison coloniale à deux étages, nous aurons une chambre et une salle d’eaux dans une aile de la maison. C’est 25 CUC.

Baracoa se flatte d’être la première ville fondée à Cuba .Le centre historique se trouve sur une bande de terre séparant une grande anse de la mer. Ce sont surtout des maisons à un étage, en bois ou ciment, avec des colonnades. Aucune n’est jolie, mais l’ensemble a du charme. Sur les places, les gens discutent ; ce sont essentiellement des cubains, car il y a peu de touristes.

Les rues sont encombrées de bicitaxis, qui foncent et de vélos qui flânent. Il y a très peu de voitures.

Au centre, 4 soirées musicales se concurrencent l. Le premier soir, après avoir fait notre choix en écoutant  de l’extérieur nous en avons choisi une, avec une terrasse, ou nous avons bu des mojitos. Le meneur de l’orchestre a fait danser les jeunes femmes présentes (AM aussi bien sur) C’était sympathique mais hélas le deuxième soir, il a beaucoup plu transformant les rues de la ville en rivière ; impossible de sortir.

A partir de Baracoa, nous avons été vers l’est jusqu’au rio Yumuri par une très belle route de montagne, puis vers l’ouest jusqu’à une petite plage fréquentée par quelques touristes et quelques locaux .Il était possible de manger des langoustes, mais dans notre cas, les langoustes nous attendaient au repas du soir ; nous nous sommes  donc abstenus. Sur la route, nous avons eu aussi des propositions de langoustes par des petits pécheurs

 

Bayamo

La route Santiago Bayamo n’est pas aussi belle que celle de Baracoa ; elle traverse surtout des plantations de canne à sucre, avec des haies d’orangers .Située à 130 kms de Santiago, la ville de Bayamo a beaucoup de charme : très propre, des maisons  bien entretenues, des squares pour discuter à l’ombre, une rue piétonne avec pas mal de tiendas et une décoration astucieuse. Les gens y sont plutôt mieux habillés qu’ailleurs et plus aimables. Nous avons été très bien reçu à la banque comme  au restaurant (à noter car ce n’est pas si fréquent). . Bref cela valait les 5H de route aller et retour, pour voir cette jolie ville, preuve que l’embargo n’explique pas tout le délabrement des autres villes.

 

 

Santiago

Comme les autres villes de Cuba, Santiago ne nous a pas semblé à la hauteur de sa réputation. Le centre historique est assez petit, avec quelques beaux monuments ou palais. Il n’ y a que peu de places  agréables, lieux de rendez vous des locaux surtout le soir. Sorti de ce petit centre historique, la ville fait, non pas délabrée, ce serait trop fort, mais mal entretenue et avec des constructions style bidonvilles , même dans des rues par ailleurs normales.

Près de la place centrale, (place Cespedès bien sur),  la  grande rue commerçante a de nombreuses  boutiques ou on paie en CUC  …et beaucoup de monde pour acheter. Cette rue est grouillante de piétons. Du fait de l’étroitesse des rues et du grand nombre de camions autobus qui, à chaque accélération, dégage un épais nuage de fumée noire, l’air est difficile à respirer. Ailleurs tout parait endormi, en particulier les plantons et réceptionnistes des innombrables édifices abritant des organismes officiels 

 Quant à la vie musicale, nous l’avons trouvé pauvre par rapport à La Havane. Certes nous n’y avons été qu’une fois le soir, un vendredi, car après 22 h il devient difficile de trouver un taxi mais ce soir là, à 21H, à la Trova (maison de la musique toujours citée dans les guides) il n’ y avait sur une scène que 3 musiciens hors d’age … et 4 spectateurs. Nous sommes retournés à ce qui s’appelait il y a 4 ans, la casa du boléro, avec un bon orchestre : une dizaine de locaux viennent danser, en se mêlant a une autre dizaine de touristes .L’ambiance est sympa et nous avons passé une bonne soirée ; AM a eu un grand succès comme danseuse, et a eu deux amoureux (de sa façon de danser).  A minuit nous sommes repassés devant la Trova, et l’ambiance vue de l’extérieur paraissait un peu glauque : beaucoup de vieux occidentaux. à la recherche de l’âme soeur C’est à Santiago que nous avons vu le plus de « couples mixtes. »

Selon les chauffeurs de taxi, la ville n’est plus très sure . Nous ne le pensions pas mais quand on voit la surveillance dans les tiendas, avec fouille des paniers et contrôle avec le ticket de caisse à la sortie, c’est peut être vrai.

 

jeudi 8 février 2007

Port Morgan  île a vache

Après 2 ans, nous voila de retour à l’île a vache, un de nos mouillages préférés des Antilles.

Et nous l’avons bien mérité cette année.

Les autorités étaient informées de notre départ  lundi 9 H. Ils sont arrivés vers 10H 30, sans un mot et en disant à peine bonjour .Il y avait encore un chien, qui ne supportait pas l’insecticide que le matin un chargé des affaires sanitaires avait répandu s;eul moment amusant de cette longue matinée,  après le chien, un officiel en vert a fouillé le bateau, scrutant la trousse à crayons, la trousse de toilettes et les petites culottes d’AM  pour chercher quoi,…. Finalement au bout d’une heure nous avons eu les papiers de sortie et ils nous on demandé quand nous reviendrions ; j’ai répondu : «  quand il y aura moins de contrôle ».Ca ne sert à rien , mais ça soulage …et nous avons quitté Cuba.

La brise de mer s’était levée : 8 nœuds de Sud Ouest et nous avons fait voile en longeant la cote, belle cote de hautes collines calcaires couvertes de broussailles sèches.    Puis à la hauteur de Bacoanoa, le vent est tombé et nous avons mis cap au moteur vers Haïti. Le vent est revenu nord est 12 nœuds vers 2 h du matin, nous permettant d’arriver  à Haiti à la voile. La cote ouest d’Haiti est bien belle avec des montagnes verdoyantes et un peu boisées. Sur l’eau il y avait pas mal de barques à voile et aussi à rames  ramassant les casiers .Le vent s’est arrêté pour reprendre 2h plus tard à hauteur du cap des Iroises . Nous avons louvoyé pour passer le cap Tiburon, puis le vent est de nouveau tombé et nous avons remis le moteur. Pas pour longtemps, car il s’est vite arrêté, brutalement. La pompe d’alimentation n’arrivait plus à pomper. A tout hasard, j’ai changé le filtre à fuel, j’ai essayé de changer la pompe d’alimentation, mais comme je n’arrivais pas à la décoller du moteur, je n’ai pas insisté. Et ,après deux heures d’effort, nous avons continué à la voile, avec un vent oscillant entre 4 et 6noeuds ,le tout entrecoupé de grains avec des trombes d’eau mais, hélas, pas de vent; il nous restait environ 40 miles à faire en ligne droite ! La nuit a été longue avec ce vent changeant souvent en direction : La trace du GPS ressemble à un parcours d’ivrogne.  Finalement vers 10 H 15, nous sommes arrivés devant le mouillage et tirés par une grosse barque à moteur, nous avons pris un corps mort. Au mouillage, 5 bateaux français et sur l’un deux, Wiltor et Wilma, deux vieilles connaissances, qui sont venues nous dire bonjour.

Je suis parti voir Didier ( le patron de l’hotel ,un ex navigateur, français), qui m’a dit d’aller voir Hubert, un autre  français  vivant depuis 10 ans dans une anse à coté et bon mécanicien. Nous sommes allés le chercher et il a bien voulu venir de suite. Après des recherches, il a trouvé la panne : un reste de joint s’était mis dans le tuyau d’aspiration de la cuve à fuel et le bouchait hermétiquement. Ouf !! maintenant ça marche.

   

 

 

 

IMPRESSION GENERALE SUR CUBA

 

Finalement ce que nous retiendrons de Cuba, c’est d’abord une attitude « officielle » de la Guardia d’hostilité envers les voiliers, ce qui n’exclut pas la gentillesse de certains de ses membres. Cela doit se savoir, car on ne voit plus que très peu de bateaux. Selon les statistiques de la marina de Santiago, il n’y a eu que 10 bateaux en Janvier de cette année .Cette attitude d’hostilité se manifeste par des contrôles tatillons, voire carrément insupportables comme pour nos voisins hollandais de Santiago ou les douaniers sont venus avec des outils pour démonter tout ce qu’ils pouvaient démonter dans le bateau. Elle se manifeste aussi par de nombreuses interdictions d‘aller à terre, voire même de mouiller dans certains  ports (pourtant indiqués comme possibles dans nos guides nautiques). 

Nous avons aussi l’impression que les gens de la Guardia ont peur : peur de mal faire, peur d’avoir des ennuis ; donc ils remplissaient des bouts de papier, en  nombres toujours plus grands, d’informations sur le bateau : quantité d’essence, de diesel, hauteur du mat,  etc... Ce qui ne peut expliquer l’interdiction d’aller a terre de nuit comme à Manzanillo, ou de laisser le bateau seul à Nueva Gerona.

Comme on peut continuer à aller librement dans les cayes désertes, ce doit être pour éviter les contacts avec la population. .

 

En fait, nous avons trouvé les gens beaucoup plus distants qu’il y a 4 ans ; des cubains rencontrés dans un petit village étaient montés prendre un verre sur le bateau ; cette année, ils n’ont pas voulu y remonter et nous ont apporté les fruits et légumes commandés à la nuit noire .Très peu de pêcheurs nous ont proposé du poisson, voire adresser la parole. Le bon coté c’est que dans les villes le harcèlement, pour un resto, une maison particulière, des cigares. Ne prend plus la forme que d’une proposition susurrée en passant très vite.  Il n’y a donc pas de harcèlement et même dans les sites touristiques, la pression n’est quasi nulle ce qui nous arrange bien car il suffit d’avoir l’air de ne pas entendre.

  Il nous semble que le contrôle des gens est encore plus strict qu’avant.

 

Coté économique, cela va mieux, au moins pour ceux qui ont accès à la monnaie convertible. Ceux la peuvent acheter de tout : les tiendas d’alimentation, de vêtements, d’appareils electro ménagers sont peu nombreuses mais il y a la queue. Et il y a des produits à vendre.  Pas mal de voitures circulent dans les rues des grandes villes , pas seulement de vieilles américaines mais aussi des voitures neuves dont des françaises. Certaines ont des plaques d’immatriculation rouges, voitures d’entreprise, mais elles transportent des familles ; il y a aussi des voitures particulières à plaque jaune. Il y a donc création d’une classe de privilégiés : ceux qui ont accès aux pesos convertibles (CUC): propriétaires de casa particulares, ou de paladars, de taxis  ou encore tous ceux qui peuvent toucher des pourboires, ayant accès aux touristes. Notre loueur de maison à Baracoa avait une employée de maison. Quand nous pouvions discuter un peu et dire que les choses s’amélioraient, nous avons ressenti une certaine rancœur chez tous ceux qui ne sont payés qu’en pesos  et si peu, et même chez  les salariés en cuc (médecins, enseignants, employés des hôtels ou resto d’état). Alors que le salaire mensuel d’un médecin est de 25 CUC, un repas dans une casa particulière coûte environ 8 CUC à un touriste   

Mais il faut aussi relativiser : par exemple le salaire d’un médecin n’est que de 2O euros par mois  mais logement, santé, éducation, et légumes sont quasiment gratuits. Evidement il ; n’y a pas besoin de chauffage.

Nous ne comprenons pas non plus comment on peut voir autant de cubains dans les restaurants à CUC, ou alors ils payent en monnaie locale tandis que nous payions en cuc ; nous croyions avoir compris que ce n’était pas le cas.

 

Une autre impression forte de Cuba est celle de l’omniprésence des queues : d’abord aux tiendas et aux banques, mais aussi aux glaciers, aux vendeurs d’encas le midi , et  surtout aux arrêts d’autobus ( en général camions puants et même tracteurs dans les petites villes)  Tout semble organisé pour ralentir le travail, en multipliant les contrôles et la prise d’informations ; changer des euros en CUC prend environ 15 minutes, nécessite deux copies des passeports, quelques fois l’adresse à Cuba, et 3 signatures .Comme il est possible de retirer de l’argent aux caisses automatiques (quand elles existent), on peut se demander à quoi cela sert. Pour tous les services que nous avons utilisés, nous avons eu l’impression qu’il y avait 3 à 4 fois plus d’employés qu’en France, et ceci à cause de la paperrasserie. Un livre citait une phrase attribuée à un Cubain : «  ils font semblant de nous payer, on fait semblant de travailler »; et bien je trouve qu’ils ne font même plus semblant, ils sont simplement sur le lieu de  travail.

 

Les cubains ont la réputation d’être très accueillants. Cela nous semble bien exagéré. Il y a des gens aimables, mais il y en a aussi des peu aimables. Ceux qui ont quelque chose à vendre vous abordent en disant  amigos, cela veut plutôt dire « pigeon » que « ami ». Ils ne nous ont pas paru rechercher les discussions avec les étrangers, peut être que parce que parlant un peu d’espagnol nous espérions trop des contacts. Nos hôtes de casa particulares ont par exemple été aimables, mais pas très désireux d’échanges.  Quant aux professionnels du tourisme et des marinas, ils sont en général très en dessous de l’amabilité d’un professionnel occidental normal. Nous n’avons jamais été aidés pour attraper les amarres, ou nous les larguer. Il y a eu très peu de personnes pour nous expliquer ce qu’il fallait faire quant nous étions un peu perdus, devant le mode d’emploi de tel ou tel service.

 

Nous avons discuté avec un couple de jeunes (une bretonne et un québécois) qui parcouraient Cuba en vélo : au bout de trois semaines, ils étaient excédés par les difficultés administratives et le laisser aller général de tous les services.

 

Nous nous ne risquerons pas à prédire l’avenir et l’après castrisme. Entre les frustrations des uns, les délations mentionnées dans les livres (que nous ne pouvons pas juger), l’encadrement et la surveillance exercée sur les gens, tout nous parait possible.

Mais cela sera dur pour les Cubains, …de se mettre à travailler.

 

Il y a 4ans, nous avions apprécié notre séjour à Cuba mais cette année, nous repartons déçus. Nous avions moins vu de villes et plus de petits villages ; nous avions pu nous balader à pied et en vélo dans des endroits ou cette année on ne pouvait plus aller, discuter un peu, acheter aux pécheurs. Cette année , l’atmosphère nous a paru plus tendue : très peu de contacts, peu d’échanges et surtout les mille tracasseries avec la guardia en bateau .Nous avons peu perfectionné notre espagnol…mais nous avons appris à faire la queue

 

 En tout cas nous ne visiterons plus Cuba tant que la Guardia n’aura pas changée. et nous n’inciterons personne à venir visiter Cuba .Ce n’est pas la meilleure destination des Caraïbes ni la moins chère. Nous préférons de beaucoup l’ambiance de la Rep Dom, du Guatemala, ou de Panama (San Blas en particulier), et même nos îles antillaises.

 

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PHOTO CUBA

 

BARACOA

1 la grande rue est parcourue par les bicitaxis drivés par des hommes de tous ages ; il n’y pas de cote mais quand les clients sont lourds ce n’est pas si facile

2 rue typique avec des maisons en planches, et deux écolières qui rentrent de l’école

3 dans la grande rue il y a de petites échoppes, ici celle du remplisseur réparateur de briquets

4 notre soirée dansante, AM dans ses œuvres avec l’animateur. Evidement il aurait fallu la vidéo.

5 paysage de montagne : des palmiers et de pins et des maisons au toit de chaume.

 

BAYAMO

6 la place centrale vers midi. Les gens s’y reposent pendant la pause, ou font la queue pour déjeuner.

7 la rue piétonne vers 13H ; à midi elle était noire de monde. Noter les décorations autour des poteaux électriques. L’école d’art plastique est située dans cette rue

 

SANTIAGO

8 La place cespedes un dimanche après midi.

9 un des innombrables camions autobus qui empuantissent les rues du Santiago ; la photo prise lors du départ ne montre qu’un nuage noir..

10 dés que l’on sort des 2ou 3 rues animées , l’ambiance est calme , la belle maison en arrière plan est la maison de Franck Pais, un des leaders de l’insurrection à Santiago , ce qui explique la peinture.

11 la rue comporte des marches, ce qui explique sa célébrité dans les guides. Nous sommes à moins de 100 m de la place Cespedes, 

Par le mousse - Publié dans : luliberine
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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /2007 21:48
Cienfuegos le 12 01 07
 
Apres un retour sans problème, nous avons commencé les démarches pour la prolongation du visa touristique. Un officier de l’émigration de la marina a appelé le bureau pour savoir le prix : 20 CUC en timbres que la marina m’a donnés ; j’ai pris un taxi pour arriver à 2H30 au bureau qui fermait à 3H .La salle était bondée ; finalement une employée est venue et je lui ai demandé ce que je devais faire : » aller à la porte marquée extranjero et entrer à votre tour ». Toute la pièce avait du entendre ; j’ai essaye de questionner pour savoir si d’autres personnes attendaient pour ce bureau; pas de réponse. J’ai donc essayé d entrer mais une personne m’a alors dit que c’était son tour. J’ai donc attendu jusqu’à 3H, sans que la porte s’ouvre. Comme tout le monde semblait cubain j ai posé mon cas ; réponse : « attendez ». Du coup 5 personnes semblaient aussi avoir besoin de passer par cette porte. A 3H15, la porte s’est ouverte et j’ai redemandé avec mes visas et mes timbres à la main ; on m a alors dit : »le compte n’y est pas revenez demain avec 25 CUC en timbre ». Je suis rentré un peu énervé, et j ai acheté les timbres manquants en manifestant un fort mécontement. J’étais restée au bateau pour faire un peu de lessive et j’ai vu, au bout de 2 heures, Jacques rentrer furieux et transpirant, ayant fait le retour à pied (une bonne demi-heure) pour passer sa rage.
Donc le lendemain, retour à 8H30 au bureau (ou je l’ai accompagné, histoire de le faire patienter. Une queue de 25 personnes, toutes cubaines, attendait déjà à la porte au soleil J’ai donc  essayé de demander à une officielle qui faisait l’appel ce qu’il fallait faire : seule réponse sèche : «  espere » (ce qui veut dire attendez)  Heureusement un citoyen allemand, parlant le français (et qui devait avoir des origines cubaines) m’a expliqué qu’il y avait deux queues et qu’il fallait attendre ; nous étions les cinquièmes. Une partie des cubains est rentrée dans la salle d’attente, les autres et les étrangers sont restés dehors, toujours au soleil. Ce monsieur semblait prêt a attendre toute la journée, me disant : c’est Cuba. Finalement vers 9H 30, la porte s’est ouverte et on a fait rentrer un premier étranger, accompagné d’une interprète nettement plus jeune que lui.  Finalement à 10 h 15, c’était notre tour. Le préposé a recopié sur une petite feuille de papier , des lignes du passeport , a collé les timbres après avoir été cherché la colle , ce qui lui a pris 5 bonnes minutes , à révérifier 5 fois son travail , puis nous a dit : revenez à 1H , les papiers seront signés.
 Pour patienter, nous avons mangé dans un restaurant de la rue piétonne : joli cadre, un repas très correct pour 25 cuc à deux puis nous sommes revenus à 13h pile ; l’allemand était là aussi .Au bout d’une demie heure ,la porte pour étrangers s’est ouverte et finalement à 13H30, on nous a enfin remis notre prolongation de visa La salle était encore pleine de cubains Nous sommes alors partis faire les courses au marché bien approvisionné : tomates, choux, bananes, goyaves patates et patates douces. Et avons payé 2 CUC pour une dizaine de kilos divers. Après quelques difficultés, nous avons enfin trouvé une boulangerie (elles sont rares à Cuba) et miracle, il y avait du pain
Ceci n’est pas une grande aventure, mais elle illustre les difficultés des étrangers avec les officiels cubains mais aussi celles des cubains qui passent leur temps à attendre. Ils ont l’air habitué.
A notre retour il y avait deux bateaux de voyage , qui sont repartis avant que l’on puisse un peu pontonner ; AM a juste larguer les amarres de notre voisin un anglais , venant de Casilda , ou il n’avait pu entrer calant 2M .
 
Nous avons fait laver le linge (15 CUC), bricoler un peu le bateau, réessayer Internet en ville, mais les Cubains bloquent la liaison des postes internet à l’accès au PC ; il est donc impossible  d’envoyer des documents enregistrés sur CD.
Au cours de nos aller et retour, (la plupart à pied, pour ne pas perdre l’habitude de marcher) nous avons pris une calèche. Le conducteur bavard nous a raconté que sa maison ayant été endommagé par le cyclone l’an dernier, il la reconstruisait avec l’aide du gouvernement qui lui fournissait la matière première. Le gouvernement fournit aussi, semble-t-il, télé et cuisinière électrique programmable. Il semblait donc heureux du gouvernement. Nous avons aussi discuter avec le gardien de nuit Léo. Il a attendu la nuit pour visiter très rapidement le bateau, en ayant peur de se faire surprendre. (Par qui ???) . Tous les membres de sa famille et belle famille sont  médecins (pas sa femme).
 
 
dimanche 14 janvier 2007
 
Marina de Casilda
Hier, à l’heure prévue, 7H 30, le responsable de la marina était la pour nous fournir le fuel, ainsi que les officiels pour remplir le despacho. En un quart d’heure, tout était expédié Nous sommes partis avec un vent fort 20 nœuds, rafales à 25 nœuds, heureusement travers au début. Le trajet se fait sous le vent de hautes montagnes, la sierra de l’Escambray. Après 10 miles effectués à plus de 7 nœuds, le vent est tombé et nous avons du mettre le moteur en longeant de très prés la cote : les fonds restent insondables jusqu’à 100 m de la cote. Cette partie est belle ; il y a une crique avec un hôtel équipé pour la plongée, bien abritée du vent du nord au sud en passant par l’est. En entrant dans la baie de Trinidad, le vent est revenu à 25 nœuds, avec une heureusement une mer plate. A 15h nous avons pris le chenal de las Maletas, et à 16h nous étions amarrés dans la toute petite marina de Casilda. Pour entrer nous sommes passés par des profondeurs au sondeur de 1,4 M ; merci le dériveur.
 
A Cienfuegos, on nous avait annoncé une fête populaire à Trinidad, après avoir un peu parlé avec un couple franco allemand d’un bateau allemand amarré à coté de nous (il n’y a que 3 bateaux de voyage dans la marina dont le notre)  nous sommes partis très vite en ville en bus (12 km).
Après une balade en ville , un mojito en haut des escalier de la place Mayor , nous nous sommes promenés de nuit dans la ville , extrêmement calme, sauf quelques propositions de repas chez des particuliers . Avantage de la nuit, on voit très bien l’intérieur  de nombreuses maisons ; beaucoup ont de très grandes pièces, bien meublées ; ce n’est pas Habana Vieja ! Nous sommes retournés au restaurant d’il y a 3 ans, ou nous avons bien mangé, puis nous avons recherché la fête. Finalement nous avons trouve une rue avec des manèges pour enfants ; les manèges tournent avec des moteurs électriques et des entraînements à courroie, voire à la main ; les sièges sont en fer fabriqués de façon très artisanale mais l’ambiance était bon enfant, les manèges bien remplis et les enfants joyeux Dans une rue un peu plus loin, des échoppes servaient de la nourriture, notamment des plats de viande avec une portion respectable. Sur une estrade, des amplis étaient installés. Pour attendre que les musiciens arrivent nous avons été boire un mojito dans un café a musique. A 21H 3O les musiciens (prévus à 21H) sont arrivés ; nous n’étions que 2 couples de touristes dans le patio .Le groupe était bons, mieux que des danseurs de danse folklorique qui lui a succédé. Nous sommes repartis voir ou en était la fête populaire : rien ni spectateurs ni musiciens, à part quelques familles prenant le frais sur la place. Il se faisait tard (23H) et nous avions des craintes sur la possibilité de trouver un taxi pour rentrer, car nous n’avions vu aucun (ou des taxis garés sans chauffeur). Nous avons donc demandé à deux policiers ; ils ont hélé une grosse voiture américaine (une belle Ford rouge et blanche) pour nous emmener à la marina ; le conducteur paraissait très content que nous acceptions son prix : 10 CUC, tarif nuit pour nos 12 kms de route ; en principe ce type de taxi ne peut prendre de touristes, qui ne peuvent utiliser que des taxis d’Etat.
 
Dimanche soir
            Nous avons pu vérifier ce matin que le type de taxi pris hier soir n’avait pas le droit de nous prendre, puisque ce matin nous en avons pris un autre du même type, près de la marina, pour retourner en ville et, pour éviter un contrôle de police, il a fait un grand détour par la campagne sur de mauvaises routes.
Nous avons parcouru de jour les rues de Trinidad avec plaisir. C’est un bel ensemble de maisons relativement homogènes aux façades pentes de couleurs pastel, avec des toits de tuile ,des fenêtres et balcons de bois ou de ferronneries, Les rues  suivent les courbes de niveau et donc , pour une fois, ne sont pas droites. Tout s’organise autour du jardin de la place centrale, bordée de l’église et de très belles demeures du XV111° et début X1X°, richement meublées
A de nombreux coins de rue, des vendeurs proposaient des sandwichs de porc, le porc entier rôti étant sur l’étal au début de la matinée. 
Nous avons repris un mojito en écoutant un bon orchestre.
Nous n’avons pas réussi à mettre à jour le blog, mais nous avons pu l’envoyer à Nicolas et nous avons pu prendre des nouvelles de France sur le site du monde, qui a enfin fonctionné (nos autres essais avaient échoué, nous n’obtenions qu’une page grise ; censure ?...); PSG a encore perdu.
Nous avons trouvé qu’il y avait peu de touristes, par contre pas mal de quémandeurs (donne moi un peso, un savon, etc.) et de rabatteurs pour restaurants chez les particuliers (paladars non déclarés ??) et de cigares.
Ici, il y a très peu de propagande murale pour le régime, et dans les maisons les christs sont beaucoup plus nombreux que les portraits de Fidel. Nous n’avons pas vu de monuments pour évoquer les 5 héros (cubains emprisonnés aux USA) alors qu’ils étaient omni présents à Vinales.
Un petit vendeur de tomates nous a proposé 5 tomates pour 20 pesos , nous avons dit 10 et il a été d’accord ; après nous nous sommes rappelé qu’à Nueva Gerona nous avions payé 5 pesos pour la même quantité ( je parle de pesos cubains :25 pesos font un CUC ) . Nous ne sommes décidément pas bons en marchandage.
 
  Mercredi soir
Mouillage de Cayo Cana dans los cayos de Ana maria.
 
Lundi,après avoir fait les courses de fruits et légumes au marché de Trinidad, presque désaffecté , les échoppes à l’extérieur étant plus nombreuses que celles de l’intérieur, et trouvé du pain , nous sommes partis vers midi , en larguant seuls nos amarres sous l’œil totalement indifférent du personnel de la marina. Cette marina est vraiment la plus nulle de toutes, pour l’entretien et l’amabilité des gens.
En sortant, nous avons croisé un bateau de location qui tentait d’entrer. IL a fini par mouiller dans le chenal, nous n’avons pas vu la suite.
Nous avons pris le chenal du nord, en passant par la passe Jobado, pour aller mouiller dans la baie Caballones, à 5 miles de Casilda. Il y avait un petit bateau de pécheur, mais il n’est pas venu nous vendre de langoustes. Nous avons admiré un beau coucher de soleil.
 
 
 
Note nautique   
Pour entrer et sortir de la marina, nous sommes passés par un point de 21 44 6 et 79 59 5, et en rasant la perche (à droite en entrant) ; nous sommes passés sur des fonds de 1,4m au sondeur.
 
Chenal nord ; les hauts fonds au nord de cayo guajo vont jusqu’à 21 43 40 ;
Les boues de la passe Jobado ont disparues.
Uns partie des bouées et tourelles des baies ont disparu ; la tourelle 12 est encore debout (tripode en béton), mais il ne reste de la 10 que des pieux. La tourelle de la tête de corail n’est plus qu’un pieu dépassant à peine de l’eau.
 
Mardi, au lever du soleil, nous sommes partis au moteur pour la passe de los Machos, un peu inquiets sur la présence des bouées ou tourelles. Elles y sont toutes plus moins cassées et visibles. Nous avons donc franchi la passe sans problème et avons envoyé les voiles, avec un vent d’est 15 nœuds, pas tout à fait l’idéal pour aller à Cayo Blanco de Zaza, plein est. Mais la mer est plate, et nous avons donc louvoyé pour arriver à13 H 45 au mouillage devant une belle plage de sable et un phare. Nous avons fait le tour de la caye en annexe, puis à pied sur la plage, en ramassant de beaux coquillages pour Elora, dont c’est l’anniversaire. Une barque a débarqué et les pécheurs nous ont demandé si nous voulions du poisson : des gorettes qu’ils venaient de pêcher à la ligne. Bien sur ! Ils sont venus au bateau et ne voulaient rien accepter. Après des bières et un paquet de cigarettes, ils ont proposé d’aller chercher des langoustes ; nous sommes partis en annexe su les hauts fonds au sud est de la caye. Hélas, ils ont bien vu quelques langoustes mais n’ont pas réussi à les attraper à la main. Nous avons leurs coordonnées téléphoniques pour les appeler la prochaine fois, ils viendront nous apporter des langoustes et des crevettes, principale pêche de Tunas de Zaza.
 
Note nautique Il y a une bouée bizarre pour parer le corail à 21 40. 79 50 8 ;la tourelle n 7 est cassée, ainsi que la station de pêche ; la tourelle n5 est une grosse tourelle encore intacte ( sauf le voyant ) , la n 4 est réduite à un pieu émergeant de 30 cm . La n 2 est une bouée perche.
 
Mercredi 16
Nous nous sommes levés à 4H 30 pour partir à 5h ; les prochaines étapes possibles étant les cayes d’Ana Maria à 50 miles à l’est, avec du vent d’est cela serait long . Chance il a été nord, puis nord est de 10 à 20 nœuds ; nous avons été vite et à 14 h, nous mouillions dans la grande baie des cayos de los Machos. C’est un dédale d’îles de mangrove qui font un ensemble très joli. Après un 1° mouillage ;nous faisons un tour en annexe et trouvons une baie splendide , avec une grand plage de sable , parfaitement plate sous le vent de Cayo Cana ; la carte indique un fond inférieure à 2m , mais il y a plus . Nous repartons avec Luliberine, pour venir y mouiller pour la nuit. Nous faisons un grand tour sur la plage au soleil couchant, c’est très beau. Nous voyons aussi 3 bateaux de pêcheurs, mais aucun, hélas, ne vient proposer des langoustes.  
Nous nous sentons très loin, au bout du monde : pas de voilier, pas d’habitant, pas de lumière, aucun bruit…. C’est peut être le coin le plus éloigné de tout ou nous soyons  jamais allés. Ce n’est pas désagréable.
 
Note nautique le feu de la bouée de Tunas ne marche pas ; le medano de Ballendras ne se voit pas. Les fonds du plan des cayos de los machos sont très approximatifs. Outre notre mouillage impossible selon la carte, il n’y a pas d’eau entre le groupe cayo cana et le groupe de 4 îlots à son ouest. Cayo Cana et la caye à son ouest sont reliées. Nous avons mouillé à 21 23 36, 78 47 48.
 
Jeudi soir
Cayo Algodon.
Belle journée de navigation au portant, la première depuis longtemps !
Nous sommes partis à 8h plein sud, pour Cayo Algodon, avec un vent de nord est de 16 nœuds : la vitesse dépassait 7 nœuds. Puis le vent s’est calmé pour se maintenir à 10 nœuds ; nous sommes entrés tranquillement dans le grand lagon, sous le vent de la caye. Après avoir franchi un seuil impraticable selon la carte, nous avons mouillé devant des fonds blancs, au milieu des îlots de mangrove : très beau et très calme.
Hélas le snorkel décrit par le guide est très décevant, ou nous n’avons pas trouvé le bon endroit : encore un jour sans langouste !! C’est quand même un très beau mouillage.
  
Position du mouillage : 21 05 90. 78 43 74
 
Dimanche soir
Cayo Rabihocardo
 
Nous continuons notre progression vers l’est malgré un vent contraire qui se lève vers 8H du soir (la ça ne nous gène pas, au contraire cela éloigne les moustiques) pour être fort (16 à 20 nœuds est) de 8H du matin jusque vers 1 H de l’après midi, et baisser ensuite fortement  en tournant vers le sud .Donc tous les matins nous louvoyons avec un ou deux ris, de nombreux tours de génois. Heureusement la mer est assez calme et permet une vitesse satisfaisante dans la remontée au prés : environ 4 miles à l’heure, contre le vent.
Vendredi nous sommes allés de  Cayo Algodon à Cayo Granada, avec une alternance de vent fort et de calme, en passant par des chenaux étroits mais bien balisés : canal de Pingue et de Rancho Viejo. Cayo Granada est une grande caye de mangrove, un peu en croissant de lune et sans interêt particulier, mais l’étape était déjà longue. Nous avons mouillé entre une épave et une tête de corail. Mais il était assez tard, la visibilité était faible et nous n’avons pas vu grand-chose, si ce n’est une dizaine de Platax, vers l’épave mais aucune langouste, j’avais pourtant pris une pique et un lasso.
A noter : il y avait au mouillage un maramu anglais, cela faisais longtemps que nous n’avions pas vu un voilier. Il y avait aussi deux petits pêcheurs qui ne nous pas proposé de langoustes. Cuba, sans langouste, n’est plus ce qu’elle était !
 
Samedi, courte étape de seulement 30 miles sur l’eau, 25 miles en ligne droite, mais il a fallu louvoyer 1H pour passer la passe de Juan Suarez avec un vent fort et des creux de 2M (influence de la passe ?) ; la caye de Média luna ressemble à celle de Granada : un croissant de lune d’un mile de diamètre. C’est une halte de chalutiers, qui y passent la journée avant d’aller pêcher la nuit. Aucune proposition de langoustes !!
 
 Aujourd’hui encore 30 miles, cette fois tout au louvoyage, jusqu’à notre arrivée devant la caye de Rabihocardo, vers 14 h ou le cent a baissé. Le guide laissait entrevoir la possibilité d’aller mouiller dans un lagon entre deux îlots. Après avoir mouillé devant une belle plage de sable, nous avons essayé de trouve le chenal. A grand peine nous en avons trouvé un pour l’annexe : 3m de large avec peut être 1, 5 m de fond. Luliberine est restée devant la plage. Nous nous sommes baladés en annexe dans le lagon, qui est joli avec un chenal  permettant d’aller jusque la plage de l’est. Il y a peu d’oiseaux puis nous nous sommes baladés sur la plage, en ramassant plein de coquillages et de coraux pour Elora (chut Cécile, c’est une surprise pour elle).
Nous avons regardé s’il y avait des têtes de corail, mais nous n’en avons pas vu, alors pas de snorkel et tant pis pour les langoustes. Il y a des chalutiers à coté de nous, mais ils continuent à nous ignorer (même sur l’eau, c’est à nous au pres de nous dérouter).
C’est un beau mouillage et nous nous sommes faits à l’idée que dans ces cayes le snorkel avait peu d’interet (cf cayes de Belize, coté intérieur).
 
Note nautique : la position du mouillage de Rabihocardo du guide est fausse en latitude d’environ un mile.
 
mardi 23 janvier 2007
Cayos de Manzanillo
 
Le vent s’est absenté depuis hier. Après 4 h de louvoyage dans un vent de 12 nœuds faiblissant à moins de 7, nous avons du finir au moteur, jusqu’ a la ville de Manzanillo, décrite dans le guide nautique comme présentant un charme suranné et dans un guide Michelin possédant un kiosque 3 étoiles. C’était deux bonnes raisons pour y aller, la troisième étant que nous voulions voir une petite ville non touristique de Cuba. C’est une ville de 100 000 habitants. Vue de la mer, c’est une colline boisée qui longe la mer avec des grandes barres d’habitations qui de loin et sous le soleil font bonne impression. La ville n’est pas tournée vers la mer.
Nous sommes donc arrivés au petit port de pêche à l’ouest de la ville vers 15 h. Nous nous amarrons au quai de la guardia : quai très court avec de gros pneus mais sans rien pour attacher des amarres. Les gens de la guardia nous ont dit qu’ils appelaient le capitaine du port et nous avons commencé à attendre.
A 16 H 30, Coup de téléphone et on me passe une dame parlant plus mal que moi l’anglais, laquelle me dit de venir a pied à la ville pour faire les papiers. Mais j’avais mal compris, je l’avais pourtant reformulé 2 fois ; ceux de la guardia me disent qu’il faut aller mouiller à l’autre bout de la ville devant un autre poste de la guardia. Nous repartons et vers l’endroit indique, nous voyons deux groupes de barques de pêche : devant l’un un semblant de quai, devant l’autre une grève de sable. Nous choisissons de débarquer au quai, mais à peine le pied à terre, un officiel arrive, ce n’est pas la il faut aller à la grève. Nous repartons et débarquons dans de la vase, un peu nauséabonde. Le comité d’accueil est au complet : une demi douzaine d’officiels et deux civils. Ils nous regardent tirer l’annexe sur le sable sans bouger pour nous aider. Les civils sont les inspecteurs phytosanitaires et  veulent inspecter le bateau ; je leur explique que nous sommes depuis 5 semaines à Cuba, que l’inspection a déjà été faite, rien à faire ils veulent inspecter. OK, je remets l’annexe à l’eau et les invite à monter. C’est un grand moment car ils n ont aucune envie de mettre le pied dans l’eau et la vase ; après une longue hésitation, mais ils ne peuvent plus reculer, ils se déchaussent et nous partons au bateau. Evidement ils ne trouvent que des fruits cubains, ils regardent avec soin l’insecticide, puis rédigent de nouveaux papiers. Nous repartons à la plage. Anne marie a fait les formalités avec les officiels( avec quelques difficultés car le chef ne parle pas l’anglais et ne veut pas me parler en espagnol, se faisant aider par un petit jeune qui baragouine quelque peu l’anglais ; tout cela se déroule toujours sur la plage en utilisant comme bureau une barque retournée alors que les bureaux officiels sont à 100m sur le Malecon ) .A mon retour , le petit jeune , sous l’œil de son chef, m’explique que pour la sécurité du bateau, il ne faut pas le quitter pendant la nuit. «  Oui nous pourrons visiter Manzanillo le jour, c’est très joli et les cubains sont très gentils » mais ils ne sont pas gentils la nuit !! De plus, toujours pour la sécurité du bateau, il faut le remouiller 100 m plus loin.
      Nous rentrons donc au bateau et le remouillons ; il est 18 H. Le vent d’ouest s’est un peu levé et nous dansons pas mal, jusque vers minuit. C’était prévu par le guide.
 
Ce matin, le vent est nul, pas une ride sur l’eau. Nous partons visiter la ville ; le centre est prés de notre débarquement. La grande place (la place Cespedes, comme dans presque toutes les villes cubaines), ou trône le fameux kiosque style mauresque en céramique est entouré de grands bâtiments à façades plus ou moins mauresques. Ils abritent des services officiels, l’amicale de vétérans de la révolution, un club d’échecs avec une vingtaine de damiers, un petit musée municipal, des salles de réunion occupées avec des militaires (ou policiers) en réunion. Autour les rues sont très propres avec des maisons à un étage de tous styles, et même proche du centre des maisons en bois. Il n’y a quasiment aucune voiture dans les rues, mais beaucoup de piétons et pour la première fois, nous voyons pas mal de restaurants et des cafeterias avec des gens dégustent des glaces Devant les tiendas en CUC, les cubains font la queue pour entrer .Nous trouvons le marché ou il n y a que du manioc, des plantains, un peu de bananes et du mais qu’ils égrènent pour en faire une bouillie utilisée pour faire des sortes de crêpes. Il n’y a pas d’internet, très peu de cabines téléphoniques et une grande queue à ETECSA, pour le poste de téléphone (et c’est pourtant une ville de 100000 hab., nous dit le guide !)  Un jeune nous rejoint, il apprend le français pour être dans le tourisme ; pour le moment il fait un stage dans un hôtel : salaire 3 cuc par mois ; après il espère gagner 12 cuc par mois. Comme il veut parler français il nous invite à prendre un café chez sa tante qui tient une casa particulare.   Nous causons quand on sonne à la porte, il va se cacher pendant que sa tante ouvre. Fausse alerte,  ce n’est qu’un cousin ; il avait peur que ce soit un officiel de l’intérieur. Travaillant dans un hôtel d’Etat, il ne pouvait être dans une casa particulare avons-nous compris. Ces gens espèrent que ça change prochainement. C’est ce que nous dit aussi un monsieur qui nous fait visiter l’église.
Finalement nous repartons du mouillage vers 15h, pour aller dans les cayes 4 miles à l’ouest, bien protégées de tous les vents. Le vent est faible, le coucher de soleil très beau.
 
Jeudi
Mouillage de Cabo Cruz
 
Depuis hier le vent est complètement tombé et nous avançons au moteur sur une mer d’huile.
Hier soir nous avons été à la plage de Las coloradas, la ou Castro a débarqué avec le Granma.  La navigation a été longuette, nous sommes passés devant Niquero qui, vu de la mer, ne nous a pas inspiré, on ne voit qu’une immense usine. De plus il y a 5 ans, les Lombard s’étaient vu refuser le droit de mouiller ; nous ne voulions pas tester une fois de plus l’amabilité de la guarda. Devant Belic, un pêcheur nous a vendu des poissons (capitaines et autres) qu’il avait péché au fusil ; il avait aussi une tortue. C’était le premier qui nous faisait une proposition. Dans le coin il y avait une dizaine de barques à rames allant très loin en mer
Pour la guarda, nous avions raison, car nous la testons ce soir à Cabo Cruz. Après une courte navigation au moteur, nous avons mouillé dans le lagon, avons reçu la guarda, puis été voir les coraux. L’eau était enfin très claire après l’eau trouble des mangroves mais si les coraux étaient beaux, il y avait peu de poissons et aucune langouste Nous sommes descendus à terre, ou plutôt nous avons essayé, car à peine avions nous fait 100 m, qu’un officiel en bleu nous a dit (a plutôt aboyé) que c’était interdit et qu’il fallait repartir immédiatement au bateau. Il est permis de visiter en voiture… mais pas en bateau.
Il n’était pas aimable du tout .De plus contrairement à la dernière fois, nous n’avons pas eu la visite de chasseurs sous marins avec des langoustes. Sans langouste Cuba perd de son interet, il ne reste plus que la guardia !!!
 
Note nautique : toutes les bouées ou tourelles entre Manzanillo et Las coloradas ont disparu à l’exception de celles du chenal de sortie du port ( jetée ) à l’est de Niquero
 
Vendredi
Mouillage de Portillo
Encore une navigation au moteur, faute de vent (et dire que nous nous attendions à une étape un peu difficile, éventuellement du louvoyage !) Nous avons coupé la navigation par un arrêt pour déjeuner à Cayo Blanco de la baie de Pilon. C’est une belle halte : une petite caye avec une plage de sable sur un beau fond de montagne, mais il pleuvait et nous ne sommes pas allés voir les coraux ; de plus la visibilité dans l’eau paraissait mauvaise. Nous avons continué jusqu'à Portillo, très beau mouillage avec des montagnes en arrière plan. A peine arrivés, (15h) nous avons vu des uniformes sur la plage ; ils se sont dirigés vers nous en barque à rame, puis qui ont rebroussé chemin. J’ai été voir et ai reconnu Josephina que nous avions connu il y a 4 ans ; elle habite juste à coté et pêche très bien à l’épervier.      La guardia attendait un troisième homme. Deux heures après ils l’attendent toujours et nous aussi. Il vient de Pilon à 15 kms !! Evidement tant que les papiers ne sont pas faits nous sommes coinces au bateau (et il sera trop tard pour aller nous promener un peu à terre ; la nuit tombe vite)
Nous commençons vraiment à en avoir assez de Cuba et de la guardia. Comme je l’ai dit à Josephina, s’il y a moins de bateaux à Cuba, c’est peut être que les gens en ont assez des tracasseries administratives ; en tout cas, nous, oui !
Finalement, ils sont arrivés à 18h ; le 3°homme était venu avec son chien et, encore une fois, nous avons eu droit à la recherche de drogue pendant qu’un autre recopiait laborieusement les renseignements concernant le bateau (y compris la hauteur du mat) sur un petit bout de papier .Ils viennent de partir, il fait presque nuit. Nous allons nous consoler avec un petit apéro …
 
 
 Dimanche soir
Marina de Santiago de Cuba
 
Notre voyage nautique de Cuba s’achève. Hier peu de vent, nous avons fait 50 miles au moteur, en pêchant deux barracudas (que nous avons du rejetés à cause de la ciguatera) et un tazard (qui va bien amélioré l’ordinaire du bord). En arrivant à Chirivico, petit village où nous avions été il y a 4 ans, nous avons attendu la guardia qui n’est pas venue. Nous ne sommes donc pas descendus à terre. Le village, la nuit, était très peu éclairé, moins qu’il y a 4 ans. Aujourd ‘hui nous sommes partis avec peu de vent et vers midi il s’est levé d’ouest, pour la 1° fois depuis que nous sommes à Cuba .Nous avons donc fini le trajet sous génois en marchant à 6 nœuds .
A la marina il n’y avait que 4 bateaux. Nous nous sommes mis à quai et avons attendu la guardia 2 heures, sans avoir le droit de descendre du bateau. Un bateau hollandais est arrivé peu après de l’est ; lui n’a pas eu le droit de se mettre à quai, il doit attendre au mouillage jusqu’à demain (il aura alors droit au grand jeu, ce qui va l’occuper à peu près toute la matinée). Décidément tout se passe comme si la guardia avait décidé de décourager les voiliers de venir à Cuba ; ils ont d’ailleurs assez réussi, si on compte le nombre de bateaux rencontrés.
Nouveauté de la guardia de Santiago : les gps portables, la VHF et les fusées sont sous scellés jusqu’à notre départ ;
 
 
 
 
 
 
 
Photos
 
TRINIDAD
1 vue des toits depuis la tour de la casa Cantero
2 une rue typique bien restaurée, les maisons n’ont qu’un seul étage, mais elles ont toutes un patio intérieur.
3 intérieur d’une maison ; on peut voir l’intérieur de nombre d entre elles. La pièce principale est spacieuse et bien meublée. Il y a plus de Christ que de Fidel. A noter les petites figurines en porcelaine (ou faïence). Si nous revenons à Cuba, nous en emmènerons comme cadeau.
 
LES CAYES
 
4 et 5 cayo Blanco   Les photos expliquent le nom. Les montagnes de l’arrière plan sont un plus au décor.
6 Cayo cana du groupe des cayos de los machos ; un des mouillages que nous avons préféré.
7 cayo algodon grande ; vue de l’intérieur de la mangrove.
 
MANZANILLO
 
8 La place centrale et le kiosque ; au premier plan des joueurs de domino, les cubains sont champions du monde.
9 la place centrale est bordée de palais, avec des colonnades. Sous celles-ci de petits marchands de friandises.
10 une vielle rue sur la colline ; à noter un monsieur, à gauche ? Dans une activité favorite des cubains.
11 vues depuis le monument de Célia Sanchez, tout prés de la photo précedente. La maison au premier plan, à gauche, doit être plus agréable que celles de la photo 10 ;
Par le mousse - Publié dans : luliberine
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 19:31

Lundi 1 janvier 2007
Marina de Cienfuegos
 

La guardia nous a, bien sur, accueillis dés notre arrivée, un en bleu (guarda) et un en marron (immigration), bavards et sympas. Après un repas rapide, nous sommes partis faire une première reconnaissance en ville, voir les possibilités pour aller a La Havane et aussi tester l’ambiance de l’avant dernière journée de l’année. Sur ces deux points échec complet : les agences de voyage sont fermées et il n’y a aucune trace de préparation de la st sylvestre. Par contre ,la ville n’est pas mal : il y a d abord pour aller, au centre, une très large avenue, qui longe en partie la mer (la mer intérieure) ; peu de voitures, mais quand même de belles américaines surtout conduites par des jeunes et d’autres plus récentes dont certaines françaises . Beaucoup de voitures à cheval sont en « petits bus « à 6 places et des bicitaxis remplacent les taxis quasi inexistants. Le centre ville a lui aussi de larges rues avec de belles maisons coloniales, en état moyen. Une rue piétonne, avec des boutiques de vêtements et deux «  fnacs » (enfin deux boutiques avec un peu de matériel audio et télé aux prix français), .débouche sur une très grande place rectangulaire (le parque central, traditionnel) bordée de beaux monuments dont le théâtre et la cathédrale. Tout cela donne une impression de vide, car il y a peu de monde, et très peu de voitures. Si les agences de voyage sont fermées, toutes les autres boutiques sont ouvertes. Il y a quelques cafés avec terrasse et quelques restaurants qui ont l’air sympas. Nous trouvons aussi une agence Etecsa (téléphones et postes internet) mais les ordinateurs ne peuvent lire ni les memory stick, ni les CD.

La nuit est difficile car à partir de 22 heures un club, situé dans une grosse bâtisse (style gâteau à la crème) met sa sono à fond ; de plus, du rap ! Il ne fermera qu’à 2H du matin.

Dimanche, enfin, il y a un responsable de la marina, dans le bureau climatisé. Il regarde la télé et nous dit qu’il n’est pas venu nous voir dès notre arrivée car son ordinateur est cassé … il se propose de téléphoner avoir les prix et horaires des cars de La Havane (il ne les aura pas, personne ne répond). Nous visitons la pointe de Punta Gorda , le quartier de la marina , avec des maisons basses  ( à louer ,semble t il,aux touristes cubains ) et de belles maisons « style rococo » diversement entretenues ; nous visitons le Palacio de Valle,un palais de style mauresque, maintenant transformé en restaurant grand chic ( pas de menu spécial réveillon , mais le dîner normal avec une pianiste ) ; nous passons voir le très grand hôtel moderne le Jagua , avec cabaret mais il n’accepte pas les non clients .Nous repartons en ville , cette fois en  calèche ( un CUC chacun pour 3 kms) ; le jeune conducteur, moyennement bavard , nous annonce un  concert ce soir sur la grande place en face la mer. Nous nous baladons dans la ville et allons manger dans un restaurant de la rue piétonne ou deux musiciens, un organiste et un saxo, jouent du bon jazz ; il n’y a que des clients locaux. Le cadre est bien, mais le service limite et la nourriture pas très bonne : du porc, une tranche très mince et sans goût ; mais ce n’est pas très cher : 18 CUC avec deux bières 

 Comme rien ne laisse penser qu’il y aura un réveillon quelque part, nous réservons au palais mauresque pour 20 h .Six tables seulement sont  occupées, dont deux par des locaux .Le repas est quelconque : poisson pour AM et poulet frit pour moi avec du riz très mal cuit ; mais la glace et le café sont bons ; la pianiste, une  vieille dame noire ne joue pas très bien (et chante encore moins bien) mais c’est un bon fond sonore. Le service est médiocre, mais le décor est beau et puis, c’est la fin de l’année et nous sommes bien tous les deux. Après le repas, nous allons voir le spectacle sur la place ou nous arrivons sur les lieux en même temps que l’équipe technique. Beaucoup de monde, couples et familles, se promène sur le malecon, et 200 jeunes environ se sont entassés autour de la scène. A 11 h 15 les artistes arrivent : hélas, des jeunes qui font du rap : te querre pereo ?? Autre déception : les jeunes ne dansent pas, même les filles pour la plupart très minces. Nous rentrons chez nous boire un verre de champagne, regarder un petit feu d’artifice et allons nous coucher (pour une fois, à plus de minuit)…quand la sono d’a coté commence à se déchaîner.

 

Ce matin encore un petit tour de ville. L’agence Cubanacan est ouverte et une dame distinguée parlant un très bon français nous vend des billets de car (en fait, ce sont des vouchers à changer le jour du départ à la station de bus)  pour La havane puis Vinales avec une proposition de logement chez l’habitant : ce sont des amis de son fils, médecin à La Havane.

L’aventure perd un peu de son mystère, mais à, Cuba tout semble possible.
 

Au cours de nos ballades, nous nous faisons des remarques sur la vie cubaine : les belles maisons coloniales ont toutes été transformées en habitations ; par les fenêtres on peut les entrevoir, en particulier, la pièce de séjour : environ 4m sur 2 m, avec jolies chaises à bascule en bois, une table basse avec de très nombreux bibelots en faïence et la télé. Beaucoup de maisons possèdent des climatiseurs (marchent ils ?) Nous avons repéré un certain nombre de tiendas pour l’alimentation relativement approvisionnées et vendant en CUC, donc à des prix voisins des prix européens.

Comment des gens gagnant 500 pesos par mois, soit 25 CUC (salaire qui nous a été indiqué) arrivent à aller dans ces boutiques, au restaurant  ou encore s’acheter des voitures. Les cubains sont égaux mais certains doivent l’être un peu plus que d’autres ! Autre remarque, le peu d’entretien des maisons ; ainsi, à Punta Gorda, quartier chic, plusieurs belles maisons dont les tuiles du toit ont été bousculées par une tempête, restent ainsi ; les murs auraient besoin aussi d’un coup de peinture. Dans les jardins  il y a des arbres, un peu de fleurs, mais jamais de culture de légumes (sauf une maison avec de magnifiques tomates)      

    L’homme nouveau cubain ne semble pas avoir très envie de travailler.

 
 
 
Marina de Cienfuegos le 10 01 07
 

Nous sommes de retour au bateau après la balade, qui s’est déroulée sans aucun problème : cars ponctuels, logements confortables : 3 jours à Vinales et 3 jours et demi à La Havane. Le porte monnaie, lui a un peu souffert car Cuba n’est pas donné pour les touristes : les dépenses ont été d’environ 90 à100 cuc par jour, sans aller dans des hôtels chers mais dans des casas particulares, en ne faisant qu’un repas par jour, mais en visitant sans hésiter à donner des pourboires pour se faire ouvrir les portes  dans les musées.

 
 
VINALES

 Vinales est un petit village de campagne à 300kms à l’ouest de La Havane. Il est situé au milieu de petites montagnes calcaires. Sur quelques kms 2, une plaine collineuse s’est formée, encadrée de falaises et parsemée de pains de sucre appelés mogotes, le tout creusé de nombreuses grottes. La terre rouge semble riche, car tout pousse : yucca (manioc), patates douces, mais et haricots associés, arbres fruitiers et cafèiers, et surtout le tabac. Le tabac est la culture de rapport de la région, avec 4 récoltes par an. Il est cultivé dans de petits champs labourés par une paire de bœufs tirant une charrue soc, comme chez nous il y a cent ans. Le tabac demande un gros travail : labourer, planter les semis, relabourer entre les plants pour aérer la terre, remettre, à la main, les mottes en place et ceci plusieurs fois, couper les feuilles, les attacher deux par deux pour les faire sécher, d’abord à l’air puis dans de grandes huttes triangulaires, sur des claies pendant 3 mois. Ensuite il est vendu à la fabrique d’état. Cas particulier à Cuba, les paysans ne sont pas salariés de l’Etat, mais producteurs indépendants ; comme tout paysan, ils disent ne rien gagner mais dans toutes les maisons il y a une mini chine stéréo, une télé et quelque fois une grosse moto neuve. Les maisons sont petites, en planches peintes en blanc, portes et fenêtres encadrées de bleu avec un toit en chaume, jolies pour les photos.

Le paysage est donc très beau : champs verts et terres rouges, falaises calcaires, bouquets de palmiers... Nous nous y sommes promenés pendant 3 jours : le premier à cheval puis à pied sur les chemins de terre après avoir repéré les montagnes, avec en pont d’orgue le dernier jour une promenade de 5heures faisant le tour du mogote central. 

 

 Nous étions logés dans une casa particulare, sorte de chambre d’hôte à la cubaine. Après des années de semi -clandestinité, les particuliers peuvent louer une chambre et faire à manger à leurs hôtes, de façon officielle, en payant des impôts à l’état ; nous n’avons pu savoir combien revenait à l’Etat. Nous avions une petite maison pour nous : une belle chambre avec salle de bain particulière, maison identique aux autres maisons de la rue qui pour la plus part étaient aussi des casas particulares. Le soir, nous prenions tous le frais sur une petite terrasse donnant sur la rue, contemplant le va et vient, en se balançant sur des fauteuils à bascule comme nos voisins cubains. Nos hôtes vivaient dans une autre maison, dans le jardin où poussaient des orangers, des caféiers et un mamya. Les caféiers fournissaient le café de la maison. Le monsieur ne travaillait pas à l’extérieur mais la dame était dentiste à  mi temps Ils nous servaient un petit déjeuner, et un bon dîner, tous les deux si copieux que nous nous sommes passés de manger le midi.

Les prix (standards) étaient : 25 cuc pour la chambre, 4 pour le petit déjeuner et 8 pour le dîner, soit 49 CuC par jour pour nous deux, ce qui est beaucoup moins cher que les hôtels de touristes, tous de luxe avec des prix de chambre de l’ordre de 150 CUC et plus (pour les individuels).

Nos propriétaires, avec leurs deux petites maisons à louer, gagnaient donc avant impôt 100CUC par jour moins une poignée de CUC pour l’achat en pesos cubains de la nourriture. Le salaire journalier moyen cubain est de 20 pesos (1 CUC vaut 24pesos).

 

Le village de Vinales est assez touristique : deux grands hôtels et 200 casa particulares, mais cela ne se ressent pas ; au cours de nos promenades nous n’avons pas croisé plus de 15 personnes ; il faut dire que peu de touristes, même les jeunes, ont arpenté comme nous les chemins pendant 5 à 6 heures par jour. Nous étions moins bons dans les bars le soir.

Nous avons assisté à une soirée au centre culturel, avec un bon orchestre de musique cubaine, cette fois. Au début (22H), il y avait autant de touristes que de locaux, puis il n’est plus venu que des locaux ; le spectacle était alors dans la salle. Probablement en raison de la pénurie de tissu, les filles font des économies pour leur tenue : nombril largement découvert, jupe de 30 cm de long au plus ou corsaire hyper serré. Le rhum coule à flot, bien que payé en CUC, mais il est permis d’acheter une bouteille entière au bar et de faire ensuite son mélange avec coca ou jus de fruit .A la table voisine, 6 jeunes ont démarré avec 2 bouteilles rhum, quant nous sommes partis à 24 h, la deuxième était très entamée. Les jeunes dansaient mais tous les cubains ne sont pas de bons danseurs ; ne m’étant pas entraînée à balancer des hanches, je ne me suis pas lancée sur la piste  

 

Nous avons donc fait un bon séjour, dans une région très plaisante avec le seul regret : le manque de contact avec les locaux peu bavards. Nos hôtes agréables vaquaient à leurs occupations sans chercher à parler, tout en répondant à nos questions pratiques.  Les paysans étaient aussi peu bavards, ils répondaient à nos bonjours mais n’allaient pas plus avant quand on commençait à dire que leur pays était beau ou que nous posions quelques questions sur leur culture. Nous n’avons réussi à entamer une petite conversation que deux fois. Il est donc bien difficile de se faire une idée de leur vie de tous les jours et des problèmes rencontrés.

Les seuls qui cherchaient à nous parler, voulaient en fait nous vendre quelque chose, principalement des repas dans un resto. Nous avons eu peu de sollicitations pour acheter des cigares, alors que tous les paysans font du tabac.

Nous n’avons pas  réussi à louer de bicyclette ; elles seraient toutes cassées … alors que tous les locaux en ont. Impossible aussi de louer  un scooter : il n’y en avait que quatre en location pour toute la ville ; il fallait faire la queue le matin à 8h ; pas de réservation possible et nous n’en avions aucune envie .Nous avons donc, sans déplaisir, nos pieds à contribution.

 
LA HAVANE

En trois jour et demi nous y avons beaucoup marché, 40 kms environ, dans les quartiers touristiques mais aussi en ville, car notre «  casa »était loin du centre (environ 3 kms et peu de taxis) .Nous avions évidemment un peu imaginé La Havane à la lecture de nos guides et aussi des romans de Zoé Valdes et Pedro Juan Gutierez. Nous n’avons vu en si peu de temps que des façades et la surface des choses mais ce que nous avons vu était souvent éloigné de ce que nous avions pensé.

 
URBANISME ARCHITECTURE

La Havane est une très grande ville avec de très larges avenues, de grandes places, de grands parcs, de grands monuments. La partie touristique de la ville datant d’avant 1950, rassemble 3 quartiers : Habana vieja (partie coloniale), Centro Habana (fin XIX° début XX°) et le Vedado (ville des années 50) mais dans les nouveaux quartiers, les immeubles ressemblent aux notres,  en moins bien entretenus. Partout, le long des avenues plantées d’arbres ,des villas de style colonial cohabitent avec des gratte- ciels .La  première impression de La Havane est donc une impression d’espaces immenses et de très grande diversité.

 Le quartier de Habana vieja (ville coloniale) où se concentrent les hôtels de charme et les beaux restaurants est une zone réduite de moins de 500 m de long sur 300 m de large. Les rues y sont étroites, mais plus larges cependant que celles des villes anciennes européennes et s’organisent autour de quelques places pleines de charme.

     Dans tout le centre (y compris Habana vieja) les immeubles datent, selon leur style, de l’époque coloniale, de la fin du XIX ou de la première moitié du XX éme siècle. A coté de maisons à colonnades, le modern style est aussi bien représenté que le style rococo. Les façades, surtout, sont  très variées : il n’y en pas deux pareils : tous les styles, toutes les tailles et toutes les couleurs se côtoient, entre la villa de plein pied et l’immeuble de 10 étages. Aucun n’est particuliérement beau (sauf exception) mais l’ensemble ne manque pas d’allure et serait bien réussi si les immeubles étaient un peu ravalés.

 
DELABREMENT ET RESTAURATION.

 Le malecon traditionnel le long de la mer, ou se succèdent les maisons à colonnade, est totalement délabré et n’a aucun intérêt (l’autre malecon, dans la partie plus récente de la ville, non plus : ce n’est qu’une autoroute longeant la mer).

Ailleurs les façades sont sales, mais pas délabrées, et un coup de peinture suffit à en améliorer l’aspect, ce qui arrive de temps à autre dans le centre. D’après nos lectures, nous nous attendions à bien pire mais nous n’avons pas vu les intérieurs. Dans certains  immeubles du centre ce que l’on peut apercevoir n’est pas beau, car ils sont surpeuplés , très sombres ; dans les halls ,les compteurs électriques ne sont que des tas de rouille ,les escaliers de marbre un peu cassés mais, après tout, il y a aussi des squats à Paris. Partout, de grandes poubelles vert onyx (les notres)  restent dans la rue et puent. Cela nous a rappelé le Palerme des années 60 .Il n’est pas conseillé de se promener le nez en l’air, les trottoirs nous réservant mille pièges : trous, égouts mal protégés, gravats, arrosage à grande eau des fleurs des balcons…

Les rues du Vedado sont raisonnablement propres et entretenues mais certaines belles villas rococo commencent à s’abîmer sans que cela ait l’air de préoccuper leurs occupants. L’entretien des bâtiments ne semble en fait intéresser personne.

 

Le centre de Habana vieja a commencé à être restauré par l’Etat (une partie a été déclarée patrimoine de l’humanité). Une rue et trois places sont entièrement restaurées et autour, une dizaine de chantiers sont ouverts mais la richesse en monuments et anciens palais est si grande que l’on se demande combien de temps cela va  prendre pour redonner à l’ensemble belle allure ?  

 
MONUMENTS   MUSEES

Les plus visités sont, avant tout, monumentaux, et nombreux, et ont été des palais ou demeures très riches. 

Le plus grand est le Capitolio (1929), copie du capitole américain : dôme de 64m de haut , statue de République 18m de haut, galeries immenses (2 à3 fois la galerie des glace), très richement décorées , des pièces au mobilier exceptionnel, en particulier une bibliothèque dont murs et rayonnages sont en acajou... Ce n’est pas beau mais grandiose.

Mais l’ex palais du gouverneur, les couvents, et des palais sont eux aussi immenses mais sans interet architectural particulier, à l’exception des palais et églises de la fin du XVIII° de style baroque

Dans Vedado on peut aussi citer l’immense et célèbre hôtel Habana libre (24 étages) ou Castro établit son Q.G en59, une copie de l’Empire State building : l’Hôtel nacional (au moins 20 étages-1930), le bâtiment Fosca (30 étages).

 

Finalement les plus intéressants sont les hôtels de luxe, le plus souvent installés dans de petits palais ou des belles maisons particulières. Richement meublés et décorés, ils possèdent tous un ou deux patios ombragés ; certains (tel l’hôtel Raquel, ont des décorations et des meubles modern style exceptionnels. (Évidement nous ne connaissons pas les équivalents français et ne pouvons comparer) A notre grande surprise, même dans les plus grands, nous avons pu entrer nous promener, prendre des photos sans que l’on nous demande rien  

Nous avons délibérément évité les grands musées (galeries de peinture, musée de la Révolution…), préférant   visiter des petits trouvés au hasard de nos déambulations ; il y en a des dizaines. Ces musées sont installés dans des bâtiments restaurés et en eux même, une raison de visite : façades jaunes ,portes et fenêtres bleues , escaliers et plafonds de bois….La plupart présente des pièces meublées comme elles l’étaient à l’époque ; certains meubles sont magnifiques .Au hasard de nos marches, nous avons ainsi vu de petits joyaux : une église aux murs encore entièrement décorées, des autels dorés,de belles statues de bois ,un chemin de croix en petits tableaux  de haut reliefs en bois peint admirables, l’ancienne salle du conseil municipal, le musée de la photographie, l’hôtel Raquel,une vieille pharmacie de plusieurs pièces aux rayonnages garnis de ses pots de faïence….

NB nous n’avons pas du tout apprécier le guide lonely planet sur Cuba qui est mal écrit, mal traduit et a une conception très différente de la notre des visites ; on peut visiter La Havane sans y chercher le culte de Hemingway ni passer son temps à trouver le meilleure resto.

 
CIRCULATION

Si pas mal de rues sont de facto piétonnes, il y a de la circulation dans les grandes artères avec non seulement, de vieilles voitures américaines, mais aussi des voitures neuves. La circulation est comparable à celle de Paris au mois d’Août. C’est loin des embouteillages de Guatemala city, mais c’est beaucoup pour un pays super pauvre (nous avons même vu dans le jardin d’une villa normale, probablement occupée par un cubain, un 4X4 Pajero). Dans Vedado, certaines rues sont presque pleines de voitures au parking mais on voit aussi souvent des voitures, le capot levé, une ou du personnes les mains plongées dans le moteur.

Les vieilles américaine sont beaucoup utilisés comme taxi style guagua, ou l’on entasse une dizaine de personnes ; d’autres, décapotables, reluisantes, utilisées pour véhiculer les jeunes mariés.

Les habitants se déplacent donc surtout en bus, pas assez nombreux et les files d’attente sont immenses .Les bus sont donc surchargés (nous n’avons pas cherché à les prendre, faisant confiance à notre capacité de marche,…et nous avons marché). Il y a pas mal de bicitaxis assez peu utilisés et qui ne paraissent pas recherche les clients ; souvent regroupés par 2ou 3, ils dissertent. Il en est de même des taxis ; nous avons essuyés deux refus de prise en charge ; alors que le prix normal Vedado, Centre est de 3 CUC, un coco taxi (voiturette ouverte avec un conducteur et deux siéges derrière) en nous demandait 5 et n’a pas essayé de marchander ; une autre fois, le soir, le taxi a dit ne pas pouvoir nous prendre : nous  n’étions que deux et il lui fallait 4 personnes. 

 
MARCHER DANS LES RUES

Nous nous sommes toujours sentis en sécurité, même la nuit. La police est présente, mais pas plus qu’en France et surtout dans les quartiers à touristes .Nous avons donc traversé pas mal de quartiers un peu crads. Une seule fois une dame nous a dit de faire attention à la caméra.

Nous n’avons pas été importunés par des quémandeurs (cf contact avec les cubains) qui n’ont été agressifs qu’une fois ; au théâtre nous avons pris des places pour des ballets (à la chorégraphie incroyablement vieillotte) au prix touriste : 20 CUC ; des revendeurs nous en proposaient a mi prix, sous les yeux du préposé à la queue, et en devenant presque méchants quand je leur disais que je n’avais pas confiance. NB les cubains paye les places 10 pesos soit 50 fois moins chers pour les mèmes places mais il leur est interdit d’acheter des billets en CUC

 

Sans doute ou myopes ou naïfs ou pas aux bons endroits à la bonne heure, nous n’avons vu aucune prostituée (il faut dire que ni l’un ni l’autre n’avons fait le test de nous promener seuls). De temps à autres, dans les restaurants ou les cafés, on voit des couples réunis par un coup de foudre étonnant : un beau jeune noir et une dame plutôt âgée mais aussi un vieux barbon (notre age, quoi) et une petite jeunette.  

 
CONTACT AVEC LES CUBAINS

Nous espérions pratiquer notre espagnol ; il est certes utile, mais les gens ne recherchent pas le contact ; ils sont normalement indifférents ou méfiants. En revanche nous n’avons pas été importuné par des quémandeurs. De temps à autre, un monsieur murmure en nous croisant et nous croyons comprendre : « cigars ou paladars », mais c’est peu fréquent et pas gênant. Notre logeuse, quoique très souriante n’a pas chercher à bavarder, malgré nos essais de dialogue.

Le personnel des services d’Etat (internet, restaurants, banques  etc.) sont peu aimables et pas du tout attentionnés pour les clients ; ils daignent rarement répondre aux questions, se contentant d’un bref : »a la cola (à la queue) » ; il est alors impératif de lancer à la cantonade : »quien est el ultimo » ; nous commençons à bien pratiquer la chose… . Une partie des gardiennes de musée est aimable, mais est ce pour le pourboire, on peut le croire car dans les musées nous avons rarement trouvé des guides ; par contre, les gardiens n’hésitent pas à nous ouvrir les salles fermés et à nous laisser photographier.

Le plus amusant est la placidité avec laquelle les rabatteurs officiels des restaurants regardent passer les chalands sans  faire le moindre geste pour  les retenir. (Ce sont des restaurants d’Etat et tous sont salariés)

 
MAGASINS

Il y a très peu de petits marchés ; ceux que nous avons vu, étaient peu approvisionnés mais ils avaient des légumes et un peu de fruits à vendre et peu de clients  faisaient la queue. Nous avons peu vu de grandes surfaces vendant de l’épicerie et de nombreux rayons sont vides ; nous n’avons trouvé que 2 boulangeries ou le pain arrive au compte goutte mais il y en a toute la journée. On se demande comment les habitants s’approvisionnent, car la campagne est très loin.

 Pour le reste : vêtements, quincaillerie, etc., des magasins, peu fournis, existent mais là ou nous avons vu le plus de monde, c’est à la galerie commerciale de l’hôtel Habana libre, assez au de gamme : une dizaine de boutiques de fringues, une d’audiovisuel, des parfumeries ,2 boutiques d’alcool et, même, une boutique Ted lapidus.

Le midi, heure de pose, tout le monde fait la queue devant les petites boutiques de sandwichs et boissons ; à toute heure des cubains attendent pour boire leur petit café ou déguster une glace au grand glacier de Cuba : Coppelia.

 
RESTAURANTS

Nous n’avons été ni dans les restaurants en pesos, ni dans les restaurants de comida rapida, seulement dans 3 restaurants de la zone touristique et un paladar (restaurant privé).

Les prix sont tous un peu semblables, quelque soit l’aspect extérieur : 30 CUC à deux en buvant chacun une bière. Nous avons payé moins cher et mieux mangé dans l’hôtel Florida (5 étoiles, un très beau cadre) qu’à la terrasse du Mina (mais celui avait un bon orchestre au lieu d un piano romantique)  Le paladar du Vedado était bon et copieux mais aussi cher. Finalement le meilleur a été la Taberna de Muralla sur la place d’armes: nourriture bonne et copieuse, orchestre typique et le soir ambiance locale avec de nombreux apprentis santéristes 5 (CF explication dans souvenirs). Il était moitié prix.

  La quasi-totalité des restaurants de la zone touristique a un orchestre local, généralement de qualité.

 
SOUVENIRS

Il y a évidemment les cigares, mais non fumeurs activistes nous n’en avons pas acheté.

Il y a aussi des objets en bois souvent jolis (mais encombrants), pas mal de tableaux dans de nombre petites galeries us et surtout des CD de musique, chaque orchestre de restaurant vendant le sien Nous avons craqué pour une petite toile représentant Ochun, la déesse de la sensualité et des eaux terrestres pour la Santeria et patronne de Cuba. La religion santeria, d origine Yoruba, est un syncrétisme entre la religion africaine et le christianisme ; les dieux orisha sont associés à des saints catholiques et aux différentes Vierges. Elle est, dit on, très en vogue à Cuba, elle doit être peu différente de celle d’Haïti ou du Brésil. Les apprentis à l’initiation doivent pendant un an, ne se vêtir qu’en blanc, à l’exception de grands colliers. Ils sont donc aisément repérables ; nous avons vu jeunes femmes et jeunes hommes, très élégants tout de blanc vêtus (les hommes arborant en plus casquette blanche et  parapluie blanc) 

NB les églises est nombreuses, toutes restaurés ; si certaines sont transformées en musées ou en salle de concert, la majorité est utilisée pour les offices et le dimanche les fidèles sont nombreux pour participer à la messe

 

Au total, nous avons apprécié La Havane, été impressionnés par la quantité de monuments et musées, par l’extraordinaire diversité des styles architecturaux, notre préférence allant aux petits hôtels et musées pleins de charme. Si la nourriture n’est pas toujours super, l’ambiance des restos avec groupe musical   est agréable. Après rénovation (mais quand ?), l’ensemble aura grande allure …mais il faut prévoir un porte-monnaie bien garni

 
Album photos
 

1 La grande place de Cienfuegos est bordée de monuments de style colonial dont un grand théâtre à l’italienne toujours utilisé

 

2 La grande avenue qui va de la ville à Punta Gorda (qui longe la mer) est parcourue par ces taxis hippomobiles aussi cher pour nous que les taxis, pour las cubains ce sont des autobus à 1 peso

 

3 Cette grande maison de style mauresque abrite maintenant un restaurant ou nous avons dîné le 31 décembre. 

 

4 La grande avenue dans le centre ville ; il y a un large terre plein central ou les gens flânent ; les maisons sont toutes à colonnades et en bon état.

 

5 premiers labourages après la plantation des plants de tabac

 

6 La campagne autour de Vinales, dans une zone sans tabac.

 

7 champs de tabac (1 mois) au pied d’un mogote .La petite maison est typique.

 

8 la place des anges à Habana Vieja, en dehors de la zone touristique ; 2 jours après la photo, la voiture était toujours en réparation.

 

9 sur une seule photo, 3 styles de bâtiments prés de l hôtel nacional et 3 époques : 1900, 1930, 1980.

 

10 Rue prés de notre casa, représentative des rues de Vedado avec des immeubles 1930.

 

11 vue du hall de l hôtel Raquel de Habana Vieja

 

Par le mousse - Publié dans : luliberine
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