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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 11:15

 

Ce voyage est notre premier voyage organisé . Nous l'avons choisi pour deux raisons: la première, j'avais très envie de voir la Cappadoce après avoir vu quelques photos et reportages , la seconde est son prix. Nous avons reçu de Télérama des invitations à partir, avec une réduction de 600 Euros , soit un voyage à 129 euros. Bien sur, c'était le prix de base, mais après avoir rajouté tous les repas et toutes les visites , le séjour tout compris n'était que de 480 euros soit moitié moins cher que les mêmes voyages classiques ; de plus les commentaires sur internet étaient favorables ; alors par goût de l'aventure ,nous avons testé un voyage sans aventure .

 

SAMEDI 7 avril

 

C 'est déjà le deuxième jour de notre séjour selon le décompte de l 'agence . La première journée a commencé tard à 18 h30, heure de l enregistrement à Roissy sur Shylines, compagnie turque . Nous avons décollé avec une bonne demi heure de retard et sommes arrivés à Antalya vers 2 H du matin ( heure locale ) Le temps de récupérer nos bagages , de monter dans l 'un des 3 cars de l 'agence , de faire connaissance avec notre guide pour la semaine ,Levent, un turc qui parle un très bon français, d'aller à l'hôtel à une bonne heure de route de l'aéroport d'Antalya , nous nous sommes couchés à 4h du matin .

L'hôtel est un bâtiment immense de 300 chambres , très impersonnel . En principe nous devions faire 550 Km de route ce jour mais heureusement du fait de notre arrivée très matinale, le programme est modifié : au lieu de partir tout de suite pour la Cappadoce , nous ferons une journée calme et ne ferons la route que demain. Le programme est donc: départ à 9H pour les ruines d Aspendos , puis balade sur le fleuve Manavgat et visite d'une mosquée tout ceci ,assez proche d' Antalya

Nous partons à l'heure , pas de retardataire sur les 44 personnes de notre groupe , composé en majorité de retraités et de femmes ( 2/3 ) . En route Levent ( le guide ) nous fait un petit topo sur la région : la Pamphilie . C'est une plaine en contrebas de la chaine du Taurus , hautes montagnes en prolongement de l'arc alpin .La ¨Pamphylie était autrefois marécageuse et insalubre .Ce fut ,jusqu'aux années 50, une région de nomades. En 1950 le gouvernement a décidé de développer la région : il a créé des routes , assaini la campagne et sédentarisé les nomades en leur donnant les terres et leur offrant des logements sur les collines dominant la ,plaine . La région est devenue une riche région agricole, le soleil et l'eau aidant .Les agrumes y prospèrent ainsi que tous les légumes . Puis il a été décide de développer le tourisme ; de riches hommes d affaires allemands ou stambouliotes ont acheté à bas prix les terrains de bord de mer peu fertiles aux paysans ( parfois contre une voiture, tellement les paysans étaient peu au fait de la vie moderne ) et ont construit d'innombrables «ressorts  », plus de 700 entre Antalya et Analia . L'été c'est le déferlement des allemands et des russes qui se dorent au soleil ; à la mi saison pour les remplir ils font des prix qui attirent les touristes comme nous .

Après toutes ces informations nous arrivons à Aspendos , ancienne cité grecque , puis romaine , abandonnée au début du moyen age . Il reste surtout un magnifique théâtre avec ses gradins et son mur de scène . Levent explique que le premier théâtre grec était sans mur de scène : les gens avaient donc vue sur la mer d ou le mot théâtre qui voulait aussi dire belle vue ;une autre explication de l'origine du mot possible est l histoire suivante : le théâtre a été inventé pour que les cérémonies des bacchanales soient vues de tous , or dans les bacchanales on sacrifiait une chèvre avec le rite suivant : la chèvre était plongée dans de l'eau chaude , elle bêlait et son cri « théâtre » pouvait signifier ( en grec ) sacrifiez moi , ce qui était fait immédiatement . Je laisse au lecteur le choix de décider de la véracité des ces informations .

000 THEATRE ASPENDOS001 PAYSAGE DE PAMPHYLIETheatre d aspendos paysage de Pamphylie au fond le Taurus

 

Quoiqu'il en soit le théâtre est très beau , il pouvait accueillir 15 000 personnes et a une acoustique tres bonne . En dehors du théatre, les restes de la cité sont très ruinés ; il subsiste des grands pans de mur autour du forum et les murs d'une basilique forteresse . Mais l ensemble a du charme Après cette visite rapide nous repartons pour l embarquement sur le fleuve Manavgat. Notre embarcation est une grande barcasse à deux ponts . Nous faisons quelques kms vers l'embouchure , les rives sont basses , bordés de roseaux et de petits champs, avec peu d oiseaux; la principale attraction , ce sont des chantiers de bateaux de balade ,des caîques, pour les estivants ; il y en a une bonne centaine , dont de nombreux 3 mats , tous rivalisant de mauvais goût tant pour les faux canons , que pour les figures de proue . Nous nous amarrons le longue d 'une langue de sable qui sépare le fleuve de la mer , à un appontement parmi une centaine d'autres petits pontons, à cote de nous deux bateaux semblables au notre, pleins de touristes , le long d'une plage de sable grossier.

Le repas est moyen : une petite truite et une mechouia, fruits et gâteau aux dessert ; le verre de vin valait 3 euros (le prix d'une bouteille d 'eau !) un petit vin blanc de Cappadoce agréable à boire

Puis nous avons passé une heure à nous promener sur la langue de sable sans aucun intérêt .Si l'eau avait été chaude le bain était possible .

 

 

003 RIVIERE MANAVGAT004 3MATS

Ensuite retour a l embarcadère et visite de la mosquée de la ville. En Turquie les mosquées ( très nombreuses ) sont construites par des particuliers ; celle que nous avons visitée a la particularité d(être une copie a échelle réduite de la mosquée bleue d Istanbul. Il y a 4 minarets et une grande coupole supportée par 4 demi dômes aux quelles sont accolées d'autres demi dômes, les murs intérieurs sont recouverts de belles céramiques et les plafonds comme les bases des dômes peints de couleurs vives : c'est joli

006 FACADE MOSQUEE005 MOSQUEE MANVGAT

 

 

007 SALLE DE PRIERE  007 VOUTES MOSQUEE

Nous rentrons à l' hotel à 18 h Le diner est un buffet dans une immense salle , les plats sont internationaux, avec pour quelques uns, une légère touche turque : ce n est ni mauvais ni bon .

 

 

 

 

DIMANCHE

 

Départ à 8H 30 pour la Cappadoce ; la route traverse les monts du Taurus , la grande chaine de montagne du sud de la Turquie , prolongement de l'arc alpin ,qui culmine à plus de 4000 M . La route est belle tant d 'un point de vue roulage que d 'un point de vue paysages ; au début ce sont des reliefs calcaires couverts de forêts de pins, ressemblant aux alpes de Provence .

 

08 COTE SUD DU TAURUS  O9 AVANT LE COL DU TAURUS

 

Puis en arrivant au col (1825 m ) la neige apparaît, cette année l hiver a été rude et très enneigé : il reste à certains endroits plus d'un mètre de neige . La route redescend ensuite sur le plateau à 1000 m environ jusqu'à Konya. Konya est une ville avec un long passé ; ce fut la capitale des turcs selkoujides . ( la dynastie précédant celle des ottomans ) Mais il ne reste plus grand chose de la ville ancienne , car aujourd'hui hui tout est neuf . Il ne subsiste que le couvent des derviches tourneurs que nous visitons( cf paragraphe sur les derviches ). Le couvent se compose d'une grande salle sous coupole avec une partie réservée aux cénotaphes , et une autre pour la salle des danses . Maintenant cette salle renferme une collection de corans anciens et d' autres objets comme des tapis de prière très anciens. Il y a une grande cour bordée par un bâtiment abritant l' ancien réfectoire et une galerie d anciennes cellules de moines , actuellement transformée en musée avec des mannequins de cire représentant les différents activités des moines . C'est tres bien fait . Il y a beaucoup de visiteurs ; des touristes comme nous mais aussi des turcs de toutes les régions venant en visite ,et aussi pour prier devant un poil de la barbe du prophète ( il est dans une boîte et on ne le voit pas ) .

 

 

10 COUVENT DES DERVICHES   11 DERVICHE TOUREUR

 

Après une heure de visite, nous repartons déjeuner dans une usine à bouffe pour touristes à la sortie de la ville .

Après 2 H de route au milieu d'une steppe très plate ( probablement un ancien lac , un grand lac salé se trouve a quelques kms au nord ) nous arrivons à Sultanidad pour y visiter un caravansérail très bien conservé; C'est une immense bâtisse rectangulaire avec des murs de 20 m de haut ; à l'intérieur deux parties , la première est une cour bordée d' un coté par des voutes et de l 'autre par des pièces fermées à voutes ; la deuxième est une nef ressemblant un peu à une église romane . Les caravansérails ont été construits au XIII siècle pour assurer la sécurité des marchands de la route de la soie ; ils étaient distants de 40 kms étape normale quotidienne pour les dromadaires ;les hommes du pacha du premier caravansérail accompagnait les marchands pendant 20 kms puis ils étaient pris en charge par les suivants pour les 20 autres kms . Les marchands dormaient l'été sous les voutes de la cour , les marchandises étant enfermées dans les pièces fermées . L'hiver les marchands logeaient dans la nef . L 'hospitalité était gratuite pour une nuit , le service étant assuré par les villageois contre des réductions d impôts locaux que ces paysans devaient payer au pacha

 

 

 

12 PORTE DU CARAVANSERAIL  13 VOUTE DE LA NEF DU CARANSERAIL

 

Puis nous sommes repartis au milieu de la steppe qui se couvrait de cultures irriguées.

Après Askaray , le paysage change :nous rentrons en Cappadoce. La Cappadoce occupe un triangle d une cinquantaine de kms de coté entre 3 volcans encore enneigés aujourd 'hui.

Avec le Mont Argee culminant à 3900 M,plusieurs autres volcans moins hauts comme Hasan Dag, Karaca Dag et Gollu Dag ont crache la lave et le tuf, ce dernier étant l’élément principal formant le sol de la Cappadoce. Les éruptions qui ont duré jusqu'à 500.000 ans avant notre ère, ont créé un sol volcanique de 350 mètres d’épaisseur et de nature variée; il y a en particulier une couche de tuf, roche très friable d une trentaine de mètres .Par la suite les changements climatiques ont causé des fentes profondes dans ce sol volcanique tendre. Après que l'activité volcanique eut cessé, l’eau de pluie et les inondations se sont infiltrées dans ces fentes les élargissant et les érodant

Le paysage de Cappadoce présente donc une morphologie se caractérisant pour l'essentiel par des plateaux formés par les cendres et les boues rejetées par les volcans avoisinants, des gorges, des cheminées de fées, ainsi que de grandes plaines constituées de résidus volcaniques. De nos jours, l'érosion continue : les pitons et les cônes actuels sont donc voués à disparaître, mais d'autres se dégagent peu à peu en bordure des plateaux.

 

 

A partir d 'Askaray donc,le relief devient vallonné , après quelques kms nous tournons a droite pour visiter un village alevi, Saratli ( cf note sur les alevis )qui possède un village souterrain . La Cappadoce possède de nombreux villages et même des villes souterraines . Elles servaient de refuge et de cache à l' encontre des pillards ; Celle de notre petit village n'ést pas très grande , elle est peu profonde, le plafond de l'étage supérieur était à peine à 1 m de la surface . C'est un ensemble de pièces de quelques mètres carré , de faible hauteur reliées par des couloirs étroits, ces couloirs pouvant être fermées par des meules de pierre . Il devait être difficile pour des pillards de pénétrer ces souterrains . Chaque pièce a reçu une affectation : cuisine , grenier ,chambre , etc mais pour nous elles se ressemblent toutes . Le village souterrain n 'est plus utilisé , mais le village de surface vit encore , il a du connaître de meilleurs jours car certaines maisons en pisé ont de très belles façades en pierre taillée.

 

 

14 VILLAGE SOUSTERRAIN   15 MAISON

 

Encore une heure de route et nous arrivons à la nuit dans notre hotel à Urgup .

Repas buffet moyen et coucher immédiat car en principe demain nous ferons une promenade en montgolfière si le temps le permet et le réveil sonnera très tôt (5h)

 

LUNDI

 

Réveil à 5H car la météo pour le vol en montgolfière est bonne ; nous partons donc a 5H 20 en pleine nuit pour le terrain d envol , les camions avec les ballons encore emballés sont tous là et nous commençons a attendre ; il y a un peu de vent qui me semble limite . Le jour se lève ce qui est bizarre car nous aurions du voir le lever du soleil en ballon. Des petits ballons sont envoyés pour tester la masse d air: ils vont vite; Finalement vers 7H, la décision est prise: le vol est annulé , il aura peut être lieu le mercredi .

Nous rentrons donc déçus a l' hôtel pour petit déjeuner , puis partir à 9H visiter la Cappadoce .

Première étape Usishar ancienne ville semi troglodyte autour d un piton . La route pour y aller est magnifique ,Nous traversons d abord Urgup , grande ville de 15 000 habitants dominée par une falaise creusée de trous : les anciennes maisons à moitié creusées dans la roche avec devant des façades de pierre de tuf blanc dont il ne reste que quelques ruines ; Puis nous empruntons une vallée entourée de cheminées de fée et arrivons devant Uchisar dominé par un haut piton massif .. La ville est batie sur un éperon, les maisons étant sur le flanc du ravin Comme à Urgup , la ville ancienne a été à moitié détruite par l'érosion mais la reconstruction a commencé ; des riches ont racheté des ruines et doivent les reconstruire telles qu'elles étaient au début du siècle ,surveillés par le ministère de la culture .Le car nous laisse à l'entrée de la ville et nous allons à pied à l'autre bout en passant par des routes ci à mi hauteur de la pente . Nous voyons donc beaucoup de maisons à demi enterrées avec des façades plus ou moins rénovées; beaucoup de petits hôtels et de cafés ; sur le coté nous pouvons visiter une cheminée toute percée de cavités : un ancien HLM troglodytique . La balade nous prend une petite heure.

 

 

16 USISHAR   17 USISHAR

 

 

18 USISHAR  19 USISHAR

20 USISHAR  21 USUSHAR

Nous reprenons le car pour aller voir un panorama sur la vallée qui va d Uchisar à Goreme: très beau, ce qui donne envie de faire la ballade en fond de vallée , car il est quasi impossible de descendre tant la pente est forte et si c'était possible la remontée ne pourrait certainement pas se faire car la terre poussiéreuse glisserait . Après 20 minutes d arrêt nous repartons pour la vallée dite de l'amour en raison des formes phalliques des cheminées de fée ; nous faisons un aller et retour d'une petite heure , en fond de vallée ; c'est très beau , il y a encore des champs : petits champs de vigne et d abricotiers , et même un champ en cours de labour avec une charrue à cheval et deux femmes semant dans les sillons juste tracés .

 

 

22 VALLE DE L AMOUR

 

Nous allons ensuite déjeuner chez Dede qui est une usine à manger , particularité nous sommes servis à table: :soupe ( bonne ) entrées pas mauvaises , petit bouillon d'agneau aux légumes ( c est le plat de viande ) dessert Le verre de vin est à 3 euros et le repas plutôt bon mais la salle est très bruyante; il y a au moins 10 cars de touristes.

A 15H nous sommes au musée de plein air de Goreme . en fait c'est un bout de vallée qui a été occupé par les moines entre 500 et 1200. Ils ont creusé de nombreuse églises et lieux de vie ; la visite est passionnante malgré le monde : il y a la queue devant chaque église : typiquement une église a une nef principale de 20 mètre sur 10 et bien qu'elle soit taillée dans la roche l'architecture des églises normales est respectée: il y a des colonnes et des coupoles ; les décorations sont très variables : de simples signes à de magnifiques fresques dont les couleurs sont intactes, eglise Tokali et église sombre

 

27 EGLISE SANT BARBARA28 EGLISE SOMBRE

 

 

A 16 H 30 nous repartons pour une deuxième visite d'Uchisar ( les distances sont courtes, 10 kms peut être )

Cette fois nous visitons le coté nord , un chemin permet d'aller a mi pente entre les maisons abandonnées ( a une exception près ) Nous pouvons voir sur un cône comment l' érosion a détruit les maisons: un pan du cône s'est fissuré et a basculé jusqu'au pied , coupant ainsi en deux les habitations qui y étaient creusées .

Le retour a lieu à18 h

A 19 45 après le repas tristement identique au précèdent nous partons voir un spectacle folklorique . C'est une petite troupe de jeunes qui prennent plaisir à danser et à faire danser les touristes ; l ambiance est tres bonne ; ce qui m' amuse c' est que les danses ressemblent dans leur chorégraphie aux nôtres , exception faite des déhanchements des danseurs et danseuses pour les danses du ventre

 

Détail des églises de Goreme

 

Dés plus haute d’antiquité, le tuf a favorisé le peuplement de la vallée de Goreme. Son véritable essor commence avec l’arrivée du christianisme dans la région, au 4e et 5e siècles. Les premières églises rupestres datent de cette époque. L’établissement chrétien atteint son apogée au 7e siècle; des moines, des prêtres, des communautés entières se réfugient dans la région. Les chrétiens persécutés trouvent un havre de paix en Cappadoce, et notamment dans la vallée de Goreme.

Le musée en plein air : Les églises se présentent des formes variées. Les plus anciennes peintures remontent peut être au 7e siècle (Saint Basile, les plus récentes au 12e siècle.

A l’entrée du site à droite le monastère de hommes est constitué de 7 étages, a gauche le monastère des femmes comprend au troisième étage une église du 11e s. dont les fresques sont bien conservée, des cuisines, réfectoires, celliers, dortoirs et de refuges tout en haut. Ils sont fermés.

 

L’église Saint - Basile a une nef unique rectangulaire à trois absides, on y accède par un narthex occupé par des tombes. Sur le mur droit Saint Georges, sur le mur gauche, Sainte Théodore et Saint Basile, dans l' abside centrale à droite, le Christ Pantocrator.

 

L’église à la pomme ( Elmali Kilise), a des peintures du 11e siècle représentent des scènes de la vie de Christ, notamment une très belle Crucifixion et la Transfiguration. Elle a un plan en croix grecque inscrite à quatre colonnes et une abside entourée de deux absidioles. Elle est surmonté par une grande coupole centrale et huit coupoles secondaire. Une banquette court tout autour. C’est la plus lumineuse des églises de Goreme avec une riche palette de couleurs vives à dominante ocre, jaune et grise.

 

L'église Sainte Barbara est une église de 11e siècle. Elle présente un plan en croix inscrite à deux colonnes et trois absides. Elle est surmonté par une grande coupole et trois petites. Une fresque de sainte Barbara voisine avec deux cuves qui sont des fonts baptismaux. L’abside centrale occupé par Christ Pantocrator, sur le mur face à l’entrée, Saint Georges et Sainte Théodore à cheval terrassant le dragon. Au-dessus, un animal hybride ( symbole de diable ?) est entourée de deux croix et surmonté d’un coq (symbole de vigilance). Le coupole centrale, ornée de la croix qui remplaçait l’image du Christ Pantocrator à l’époque iconoclaste, repose sur des pendentifs.

 

L'église au Serpent (Yilanli Kilise) date des années 1070, présente une nef rectangulaire unique voûtée en berceau et bordée d’une banquette complétée plus tard par une salle latérale à plafond plat. Les fresques figurées, d’un style populaire assez fruste, constituent un second niveau de décor posé sur un enduit de chaux très mince : a gauche Saint Onésime, saint Georges et saint Théodore terrassant le dragon ou serpent qui a donné son nom à l’église, sainte Hélène et Constantine entourant la croix. À droite saint Onofrios est un curieux personnage, mi-homme, mi-femme. Selon la légende, c’était une prostituée repentie qui, ayant demandé à Dieu de l’enlaidir, vit pousser sa barbe. L’abside est ornée d’une Déisis sous laquelle apparaît la croix.

 

Le monastère se compose plusieurs étages : en bas, la cave où des niches servaient de garde-manger ; au-dessus, la cuisine noircie par la fumée ; en haut , le réfectoire dont la garde table ( pour 40 personnes) et les bancs sont entièrement tailles dans le tuf. Une grande cavité dans le mur servait de rangement. Dans le sol est creusé un pressoir à raisin.

 

L'église Sombre (Karanlik Kilise) est la plus belle église de la vallée. Elle est datée de la fin du 11e siècle. L’église fait partie d’un complexe comprenant un cellier, un réfectoire, un dortoir et une basilique à deux étages dont le niveau inférieur est orné d’arcades aveugles occupées par des croix. L’église sombre présente un plan en croix grecque inscrite à quatre colonnes, six couples et trois absides.

Les fresques se sont parfaitement conservées grâce à l’obscurité presque totale dans laquelle elle est plongée. Les fresques sont posées sur un enduit de chaux, de paille et de sable. Elles ont pour thème les épisodes de la vie du Christ, notamment la Nativité, le Baptême, la Cène, le baiser de Judas, la Crucifixion, la Transfiguration et l’Anastasis.

 

on accède à l’église aux sandales par un escalier de fer. C’est une église de 11e siècle en croix inscrite, à deux colonnes, trois absides et quatre coupoles. L’église doit son nom à deux empreintes que la tradition attribue aux sandales du Christ ressuscité et qui se trouvent sur le sol, juste sous les fresque de l’Ascension. Sur la coupole principale, qui repose sur pendentifs ornés des quatre évangélistes, le Christ Pantocrator est entouré de bustes d’anges des médaillons. Parmi les fresques qu’on peut voir, l’Hospitalité de l’Abraham, les trois anges symbolisent la Sainte Trinité, et les épisodes de la vie Christ : Nativité, résurrection de Lazare, entrée à Jérusalem, baiser de Judas, Crucifixion, Transfiguration…

 

L'église à la Boucle (Tokali kilise), est la plus grande et l’une des plus belles de la région. L’église se compose de deux églises, l’Eski ( ancienne ) Tokali et la Yeni ( nouvelle) Tokali. L’ancienne Tokali remonte au début du 10e siècle et se composait d’une nef unique voûté en berceau. Le décor de l’ancienne église, posé sur un enduit de chaux, de paille et de sable. L’histoire du Christ y représentée à la manière d’une bande dessinée, par ordre chronologique de l’Annonciation à l’Anastasis en trente scènes .

Les fresques de la nouvelle Tokali reprennent le même thème, mais les scènes sont beaucoup plus grandes que celles de l’ancienne église. Ces fresques, datées de la deuxième moitié du 10e siècle, ont été peintes sur un enduit très épais . Elles sont beaucoup plus élaborées que celles de l’ancienne église. Par la technique, la couleur, la touche et la composition, ces fresques sont unique en Cappadoce. La voûte et et les murs, récemment restaurés, sont ornés d'épisodes de la vie du Christ.

 

 

Mardi

 

départ à 9H pour Ortahisar .

Le car nous dépose en haut du ravin en face du village et nous remontons à pied vers la place du village . Un petit ruisseau coule au fond du ravin entouré de hautes falaises percées de trous de pigeonniers ; la balade en contrebas doit être magnifique . Nous, nous remontons par des rues piétonnes en passant par une église située dans la cour d(une maison dont la dame nous a hélé ; l'église n'est pas extraordinaire mais c'est drôle de voir une église rupestre au fond d'une cour de ferme . Contrairement à Uchisar , la réfection des maisons n'a que peu commencé et le village n'est pas encore composé seulement de boutiques à touristes et d hôtels . Il y a des cafés locaux avec des petits bancs sous des arcades de bois , des épiceries , des drogueries et des barbiers …. sur les conseils de Levent nous sommes assez nombreux à nous faire raser : c est un moment agréable ; le rasage en deux temps est très doux et parfaitement fait , en prime le barbier nous brule les poils des oreilles , on ne sent pas le chaud mais une odeur de brulé , puis nous passe de la lotion et pour finir nous masse le dos avec un vibromasseur le tout pour 2,50 euros. Il est possible de monter dans le piton, mais nous n avions pas le temps; une petite mosquée simple et élégante est bâtie sur le coté de la place ou de nombreuses échopes proposent des fruits secs à des prix français.

 

30 ORTISHAR  31 ORTISHAR

 

 

 

 

32 ORTISHAR   34 ORTISHAR COIFFEUR

Départ à 11H 15 pour le centre de tapis ; après une courte explication et démonstration du nouage , et de la fabrication du fil de soie , a partir des cocons , nous avons une présentation de magnifiques tapis réalisés dans toute la Turquie ,soit de laine ,soit de soie. Puis les choses sérieuses commencent : la vente ; les prix sont pour nous excessifs : un tapis de 3M 2 qui nous plaisait bien couté 1600 euros , un petit tapis de soie de 20 sur 30 cms coute plus de 1000 euros et encore ,il y a beaucoup, beaucoup plus cher; A ces prix pour nous c est seulement plaisir des yeux , d'autant plus que nous possédons déjà beaucoup de tapis. Les vendeurs ne nous importunent pas trop , et quand je veux ,je peux être suffisamment désagréable pour arrêter toute tentative excessive . Heureusement une dizaine de personnes du groupe se laissent tenter .

Le repas est à quelques kms de là, à Avanos, dans un immense hotel : buffet moyen et assez peu turc ( sauf une petite cassolette d'agneau bouilli avec légumes et galettes de viande hachée avec épices ) les desserts étant plutôt allemands ( hélas, pas beaucoup de bons petits gateaux turcs) , et un service pas très bon voire mauvais .

 

Nouveau départ à 15 H 15 pour la vallée des cheminées de fée : bel endroit mais avec beaucoup de touristes et en 30 minutes nous n avons pas le loisir de nous éloigner de la foule .

 

Nous allons ensuite à Cavusin , voir un autre village très peu touché par les restaurations , les trous dans la roche sont encore souvent précédés de façades en pierre , nous montons jusqu'à une belle église entièrement creusée dans le tuf ; l 'église st jean baptiste datant du VI siècle qui a encore quelques fresques très abimées; le point de vue sur la vallée, derrière ce piton, vers la vallée rouge ,est magnifique, dommage que le soleil ne soit plus au R.V .

 

35 EGLISE DE CAVUSIN   36EGLISE DE CAVUSIN

 

Puis à 17 H nous assistons à une cérémonie de derviches tourneurs organisée pour les touristes; Levent nous assure que c est comme une vraie cérémonie, mais en un peu plus court: 50 minutes au lieu de deux heures . Le rituel est très lent avec une musique de flute , de sitar et de chant . Le tournoiement lui même dure une dizaine de minutes en 4 périodes ; c'est interessant mais un peu long , il y a beaucoup de salutations et le tournoiement des derviches m ' a plus amené à l'endormissement qu'à l'extase mystique . Comme c'est une cérémonie , il n'y a pas d 'appaudisssements , ni de photos ; mais aprés la cérémonie les derviches reviennent pour un court spectacle ou les photos sont permises

cf note sur la cérémonie des derviches tourneurs

.

Retour a l 'hotel a 18H et repas identique aux soirs précédents

 

IMPRESSION GENERALE SUR CE BOUT DE CAPPADOCE

 

Le coin est très beau et peu d 'endroit dans le monde doivent lui ressembler Il est de ce fait très touristique et les principaux points d intérêt sont très fréquentés , en particulier le musée de Goreme et Usishar, mais les ballades en fond de vallée telles que décrites par exemple dans le routard doivent encore être tranquilles;Ce qui m a frappée , outre le paysage vraiment fantastique , c'est l habitat : sur une terre certes très cultivée mais qui paraît très légère et assez sèche il vit beaucoup de personnes . L habitat est strictement groupé , il n y a aucune ferme ou bourgade isolée : Avanos , Urgup sont des villes de 20 00O Habitants et les autres villages sont assez grands et ceci sur une faible superficie . Les villes sont toutes récentes et pas mal construites , il ne reste plus grand monde dans les ancienne habitations devenues dangereuses du fait de l' érosion .

 

MERCREDI

 

Lever à 5h pour aller survoler la région en montgolfière .

Cette fois c'est tout bon pour le vent , mais il y a une couche de brume ; néanmoins cela ne gène pas l'envol des montgolfières ;et ce sont environ 100 ballons qui s'envolent presque en même temps ; nous sommes 24 passagers dans chaque nacelle .Mais chacun peut bien voir le magnifique spectacle des ravins , spectacle agrémenté par les ballons multicolores ; contrairement à ce que je pensais le ballon est relativement dirigeable . Notre pilote s amuse à raser le fonds des ravins et même à passer entre 2 cheminées; on aurait presque pu cueillir des fleurs sur les amandiers ou toucher les rochers . Pour finir il nous fait monter à 1000 m pour avoir un panorama d ensemble . Et à l' atterrissage , sans vent , il se pose sur la remorque ou la nacelle sera transportée ,étonnant . Ce fut donc une belle expérience terminée par un apéro offert : champagne turc ! ( sans alcool ;et assez comparable à du champomy ).

 

 

 

 

41 BALLOS DS CANYON   44 BALLONS DANS UN CANYON

45 CANYON   42 BALLONS SUR LA PLAINE

Ensuite la journée a été plus monotone. C'est le retour à Antalya : 8h de bus en grande partie sous la pluie par la route de l' aller jusqu'à un restaurant avec une cuisine locale ; nous avons gouté ,faute de vin ,une boisson locale faite d'eau et de yogourt émulsionnés l 'amram , pas mauvais après la surprise initiale .

Et nous sommes arrivés a 18 H à l'hôtel , encore un immense hôtel ; mais le repas est plutôt meilleur .

 

 

 

JEUDI

 

Départ à 9H pour aller visiter un joailler , l 'une des 3 étapes obligatoires des circuits à prix cassés ( cf note sur économie du voyage ) . C'est un centre de vente qui se dit aussi fabricant ; pour justifier un peu la visite nous avons une explication sur la différence entre l'or 18 carats et l 'or 14 carats ( 18 carats : 75 % d or plus du cuivre, de l argent et du palladium ; 14 carats 60 % d 'or , si y a plus de cuivre c est de l' or rose , plus de palladium c est de l or blanc équilibre de l'or jaune A prés l'information culturelle , le commerce ; les portes s ouvrent sur une grande bijouterie ; nous sommes attirés par de beaux bijoux originaux de la collection fibula , bijoux modernes inspirés par des motifs anciens de tapis . Un vendeur très aimable met sur un plateau ceux que nous préférons , nous installe dans un bureau, offre le the et calcule le premier prix avec la remise spéciale pour nous de 25 % : 5300 Euros ! Nous disons que c est cher et demandons un autre prix pour des boucles d oreilles , pas de chance c'est encore plus cher : 8500 Euros et le troisième prix est encore plus cher . Le directeur arrive et consent un effort exceptionnel : 3500 Euros pour le premier. Nous le remercions et partons. Nous entrons alors dans la salle des bijoux d'argent , les prix sont plus abordables et pour se consoler AM achète une jolie paire de boucles d oreille ,pendentifs de turquoise: 100 euros après négociations. Le car nous attendait et part en oubliant 4 personnes toujours dans le magasin en disant le magasin les amènera au site suivant. Nous n'allons pas très loin à Perge , des ruines hellénistiques . Il y notamment des thermes bien conservés, une très belle allée à colonnades qui traverse la ville depuis l 'acropole jusqu'à la porte de l'entrée , et un agora avec sa colonnade et des murs de boutique . La restauration des archéologues paraît dès fois un peu fantaisiste mais l'ensemble à de l'allure , chose curieuse il y a des temples sans inscriptions votives . Le site a du être beaucoup remanié à l'époque byzantine , il y a des restes d une importante basilique du VI siècle .

 

 

48 AGORA DE PERGE  49 NYMPHEE DE PERGE

 

Nous déjeunons ensuite dans un restaurant qui doit servir pour des soirées avec spectacle pour les locaux et le repas est bon , avec des mezzes et un vrai plat de viande : boulettes correctement épicées sur un fond de mechouia chaud , le tout dans une cassolette . Nous allons ensuite visiter la vieille ville d 'Antalya , au dessus du vieux port ou nous avions mouillé solitairement il y a 30 ans ; le port est maintenant principalement occupé par des petites barques de pèche et des 3 mats pirates très kitch, pas de voiliers . La vieille ville est très restaurée , mais en gardant son style , avec des jolies maisons à balcons .

Il y a beaucoup d hôtels et de restaurants bien sympathiques ( à prix abordables pour les restaurants : plat principal dans un très beau décor : 20 TL ) ; il n 'y a pas beaucoup de magasins de souvenirs , quelques marchands de tapis avec des prix raisonnables pour nous , pour voir nous demandons le prix d un tapis de soie de 50*80 environ : 350 Euros avant négociation , ce qui est en ligne avec les prix du routard et dans un facteur 10 avec le magasin obligatoire. La qualité nous semble bonne , suffisante en tous cas pour nous .

Nous trouvons une petite boutique ou nous achetons des pantalons turcs : 10 euros le pantalon bariolé super confortable ( je me prélasse dedans actuellement ) . Antalya a beaucoup de charme , même si il y a peu à voir,( la vieille ville est petite : 500m sur 500 m environ ) et les gens sont charmants . A cette période, les touristes sont en nombre raisonnable .

 

 

 

 

 

 

 

50 MARINA ANTALYA   51 RUE ANTALYA

52 MAISONS ANTALYA   53 MOUCHARABIEH ANTALYA

Nous reprenons le bus à 17 H ( avec une attente pour 4 retardataires ) pour aller en 5 mn au « ring hotel  », pour une fois en pleine ville. Le diner est comme tous les autres : buffet avec des salades de légumes divers , de la soupe, de l'houmous et de la méchouia et du tatziki , en plat chaud de la dinde avec de la sauce , des desserts plutôt allemands avec aussi des petits baklavas pas très bons .

 

VENDREDI

 

Avant le départ du bus , nous avons le temps d aller acheter des baklavas dans une petite boutique non loin de l 'hotel. Ensuite nous partons pour le magasin de cuir ; il a la même disposition que le magasin de joaillerie : une petite salle didactique ( ici défilé de mode ) puis des grandes salles toutes identiques pour séparer les groupes de touristes qui sont amenés par car ; dans ces salles de nombreux articles à acheter ( manteaux, vestes, blousons...), tous très chers , même si nous avons droit automatiquement à 50 % de réduction avant négociation . Le prix des vestes ou manteaux en cuir était toujours supérieur à 1000 euros et pouvait atteindre 3000 à4000 euros( avant application application des 50 % ) . Levent était vivement impliqué dans la vente , et au moins une dizaine de personnes ont craqué : les vendeurs parlaient parfaitement français et étaient très bons ; Certaines personnes du groupe ont dit que le prix final était du même ordre que les prix français , il en était de même pour les prix des bijoux , une dame qui a acheté des boucles d'oreilles à 2500 euros nous à dit n 'avoir eu ce prix que parce que elle en avait vu de semblables à ce prix en france ( le prix après réduction automatique était de 3000 euros )

Après donc une très longue attente pour nous et ceux qui n 'achetaient pas , nous sommes partis dans un petit restaurant typique selon Levent , en fait un grand restaurant en plein air aussi fait pour les cars de touristes avec un repas un peu mieux que les autres , mais pas beaucoup plus; les brochettes de viande haché étaient grasses et ont peut être rendu malade Anne Marie pendant le vol de retour les boissons étaient encore plus chers : , verre de vin à 4 euros et expresso ( en fait nescafé ) à 3 euros ( en fait j' ai refusé de payer le nescafé car un serveur nous avait dit que c 'était gratuit )

 

Ensuite nous avons été a l' aéroport et sommes rentrés avec AM un peu malade de l'estomac , seule petite péripétie

à la douane: AM avait ramassé sur le bord de la route un caillou de schiste lustré , le premier passage au scanner des bagages a détecté ce caillou dans une valise et il nous a été confisqué après avoir fait l objet de longues discussions avec les chefs !

 

 

CONCLUSION

 

Nous sommes contents de notre voyage ; nous avons vu un pays étrange et extraordinaire , même si il commence à être saturé de touristes, surtout pour nous avec un voyage standard qui visite les mêmes endroits que tous les autres. En conséquence les prix de toutes les prestations annexes des hôtels ou de toutes les boutiques à touristes sont très couteuses .

Concernant la formule du voyage , nous ne sommes pas convaincus des voyages en groupe ; même si notre groupe était sans histoire ( avec des gens sympathiques et d 'autres antipathiques ) , même si les gens étaient généralement ponctuels , souvent une personne avait mal compris l'heure du rendez vous , ce qui creait ds temps d' attente

. Nous faisions toutes les visites libres , assez courtes, avec un œil sur la montre, ce qui est désagréable . Pour apprécier la formule économique de First voyage , il faut tenir compte que la durée du voyage est amputée de presque un jour et demi , sur 7, par les visites obligatoires des magasins et ,compte tenu de leurs emplacements isolés ,il n'est pas possible de les éviter car il n'y a rien à faire d'autre à proximité.( mais nous ne savons pas si toutes les formules de voyage organisés n ont pas le même problème ) .

 

 

Annexe 1 économie du voyage

 

Levent nous a explique pourquoi nous payons si peu cher ; le voyagiste est un groupe allemand qui a envoyé selon cette formule 200 000 allemands et 150 000 français en Turquie en 2011 ; Il a donc pu négocier les prix avec les hôtels , notamment de la cote quasi vide a cette période sinon , avec les restaurants et même avec le ministère de la culture pour les billets d entrée dans les musées ( ce qui ne doit pas être le gros poste ) de plus il a négocié avec des groupes de négoce une subvention : le voyagiste amène des clients aux négociants qui en échange payent une ristourne . Le taux d' achat des allemands est bon et le système dure , celui des anglais très faible et l'expérience a été arrête pour eux . L' offre de réduction par certaines revues devait donc, par ce moyen , viser des CSP susceptibles d acheter des objets chers ( ce que je trouve un peu contradictoire avec la recherche d un voyage à prix bas ) Je n ai pas idée du taux d' achat de notre groupe . Levent a aussi dit que les personnes ayant acheté continueront à avoir des offres , mais ce n'est peut être que pour nous inciter a acheter .

Compte tenu du prix très élevé des magasins , cela doit être une bonne affaire pour ceux ci . Finalement les voyageurs qui achètent payent pour ceux qui n 'achètent pas ; heureusement pour nous, le prix des objets proposés est tellement élevé que même si nous étions tentés , nous n'avions pas le budget ; le plus étonnant est que des gens ayant choisi un voyage pas cher et pas très haut de gamme puissent acheter de tels objets.

 

Annexe 2

 

L 'Anatolie se caractérise aussi par un très grand nombre de variantes de religion , il y a eu ( et il y en encore pour certaines ) des nombreuses églises chrétiennes ( nestorienne , arménienne , grecque etc ), des sectes manichéennes ou mazdéennes , et des sectes plus ou moins islamiques entre chiisme et sunnisme .

 

EXTRAIT D UN ARTICLE DE CLES (site internet)

 

Alevis: des musulmans mystiques et futuristes...

Par Patrice van Eersel et Jean-Pierre Moreau

 

Étonnant mélange de modernisme (ils sont républicains, féministes, ouverts à la laïcité dès 1920) et de mysticisme, ils représentent un quart de la population turque. Leur mouvement, qui s’oppose à celui des intégristes, est en train de vivre un renouveau. Enquête.

Si l’on vous disait qu’il existe sur terre un peuple à la fois républicain et chamanique, qui pratique le culte de la nature tout en se passionnant pour la civilisation moderne, pour qui le principe suprême se dit « Allah » mais qui ne s’offusque ni de boire du vin ni de mettre l’homme et la femme sur pied d’égalité, un peuple dont les petits paysans côtoient facilement les intellectuels et les artistes... le croiriez-vous ? Comment une pareille synthèse serait-elle possible ? Pourtant, ce peuple existe. On les appelle Alévis et ils sont turcs. Pour eux, les rituels sacrés sont essentiellement des chants, qu’entonnent des poètes jeunes et vieux, au son du saz, sorte de luth oriental - aussi appelé « Coran à cordes » - et des danses qui, chaque dimanche, font tourner ensemble filles et garçons. Leurs troubadours sont aussi actifs et nombreux que dans nos plus beaux rêves de Moyen-Âge. Pourtant, ce sont des modernes - dont la jeunesse a toujours alimenté les frondes les plus révolutionnaires d’Anatolie Leur devise pourrait être : prière, musique et démocratie, ou nature, danse et liberté. Ils disent volontiers : « Dieu est en l’homme, l’homme est en Dieu. Je me suis regardé dans la glace et l’Éternel m’est apparu. » Qui sont-ils ?

 

De l’islam turc, que savons-nous pour la plupart ? Certes, la réputation des soufis, derviches tourneurs ou hurleurs, a depuis longtemps franchi les frontières de l’Asie mineure. Mais lorsqu’il est question, ces temps-ci, de l’islam à Istambul ou Ankara, c’est tout de suite aux intégristes que nous pensons, aux réactionnaires. Rares sont ceux d’entre nous qui savent qu’environ un quart de la population turque actuelle - entre 20 et 25 % - appartient à la communauté alévie et que celle-ci constitue l’un des plus intéressants syncrétismes primitifs-futuristes qui se puisse concevoir.

 

Le mot syncrétisme est souvent utilisé de manière négative, pour désigner un mélange barbare d’emprunts faits à des traditions spirituelles hétérogènes, débouchant généralement sur une chimère non viable. Même si de grandes religions - le christianisme par exemple - peuvent être considérées comme des syncrétismes de diverses cultures, il existe en la matière bien plus de salmigondis monstrueux que de synthèses heureuses. Parmi ces dernières, la culture alévie d’Anatolie constitue un cas remarquable : on a rarement vu mariage plus réussi entre des fondements archaïques et une vision du monde adaptée aux impératifs modernes, voire post - modernes. L’islam ayant régné en maître exclusif pendant plus de mille ans sur toute la région, on aurait pu croire qu’il effacerait toutes les autres influences. Il n’en a rien été. Si les Alévis disent « Allah » pour désigner Ce qui n’a pas de nom, ces monothéïstes n’observent aucun des « cinq piliers » officiels de la religion musulmane (aller à La Mecque, faire sa prière cinq fois par jour, etc.). Ils ne lisent même pas le Coran ! Très proches des soufis, au point qu’on les confond parfois avec eux en Turquie, leur liberté spirituelle vis-à-vis de l’islam est telle qu’il leur arrive de désigner l’Unique sous la forme d’une Trinité - par exemple Allah-Mahomet-Ali, ou Allah-Mahomet-le Droit - ce qui passe, aux yeux des musulmans orthodoxes, pour une grave hérésie (et signale l’importance de l’influence chrétienne sur leur théologie).

 

En fait, ils préfèrent se désigner eux-mêmes sous le terme de bektashis, du nom de Haci Bektas (prononcer « Hadji Bektach »), un des grands saints de leur histoire.

Haci Bektas, un « guerrier poète »

 

Au milieu du XIIIe siècle, Haci Bektas, homme très sage, élève de Hamad Asawi et de Baba Ishaq avait fait, comme son nom l’indique, un pélerinage à la Mecque, quand il décida de s’installer en Cappadoce, une terre où les chrétiens étaient restés nombreux, malgré des siècles de djihad musulmane - en l’occurrence des chrétiens gnostiques, parfois nestoriens, plutôt opposés à l’Église byzantine. Fédérant en quelque sorte les désirs de ces chrétiens et des musulmans de la région (on raconte que sa femme elle-même était chrétienne), Haci Bektas prit la tête d’un mouvement de résistance culturelle des nomades anatoliens contre la tyrannie grandissante des Turcs seldjoukides venus des hauts-plateaux d’Asie centrale (issue de ces derniers, la dynastie ottomane devait finir par prendre Byzance, en 1453, et contrôler toute l’Asie mineure).

 

Bien après la mort de Haci Bektas (1271), des derviches créèrent l’ordre bektashi, dont les moines, ouverts aux idées aussi bien musulmanes (plutôt soufies) que chrétiennes (plutôt gnostiques), influencèrent d’abord la population de Cappadoce, avant de progressivement créer des réseaux à travers la Turquie tout entière.

 

Bien que méfiants vis-à-vis de leurs tendances hérétiques, les Ottomans eurent vis-à-vis des bektashis deux sortes de politique en alternance : tantôt ils les réprimèrent sauvagement, tantôt ils les utilisèrent comme colons dans les Balkans - où l’on retrouve leurs traces jusque de nos jours, par exemple en Albanie. Sept siècles plus tard, l’essentiel de leurs rituels et de leur credo demeure en tout cas bien vivants.

 

 

Toute la pratique religieuse - mais aussi juridique, même si celle-ci ne concerne plus aujourd’hui que de « petits problèmes », dont les mariages et les divorces - est placée sous l’autorité d’un dédé, sorte d’évêque à la lointaine ascendance chamanique. Celui-ci désigne, pour l’assister, douze personnes, chargées des douze fonctions sacerdotales, dont : la direction de la musique, la conduite des cérémonies de circoncision, la distribution de l’eau, le lavement rituel des mains des fidèles, l’entretien des bougies...

 

Le rituel principal, appelé cem (prononcer « djem »), n’a besoin ni de mosquée ni d’église pour être célébré (plutôt le dimanche). Il s’agit pour l’essentiel d’une danse où plusieurs couples forment un cercle. La chorégraphie, très simple, rappelle certains folklores occitans ou magyars. Ouverts aux inspirations les plus mystiques, les chants, accompagnés au saz, jouent un rôle capital. Ce sont des chants éminemment pacifiques.

Le dédé joue du saz.

Les garçons tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Plus tard, les filles les rejoindront dans la cour du tékké.

 

 

Traditionnellement, le cem se termine par un repas rituel, où toute la communauté partage ses victuailles et son vin. Les moines bektashis, dont les couvents s’appellent des tekké, font vœu de célibat. Chez les fidèles, la polygamie est mal vue, sinon interdite, et le veuvage rarement interrompu par un second mariage, du côté des hommes comme des femmes.

 

Ces dernières ne sont pas voilées, mais se mettent un foulard sur la tête pendant les cérémonies. Les hommes, eux, portent un chapeau ou une casquette, en souvenir du turban rouge d’autrefois, qui leur valait le surnom de « têtes rouges » dans tout le pays et dont les danseurs continuent souvent de se couvrir le chef.

 

Pendant la circoncision, le jeune garçon est tenu sur les genoux d’un parrain, dont la famille devient « sœur » de la sienne. Ainsi, toutes les familles se trouvent-elles liées les unes aux autres par un réseau de sororité. Un autre rituel important, le musarit, consiste à donner à tout garçon pubère un « frère en religion » : lorsque deux « frères » se marient, leurs épouses deviennent « sœurs » à leur tour, au cours d’un autre rituel, et se promettent un soutien mutuel.

Les Alévis sont des non-violents. Aux temps où le dédé était responsable de toute la justice, y compris pénale (échappant ainsi à l’« œil pour œil » du mollah ou du cadi), la pire condamnation, par exemple en cas d’assassinat, était la mise en quarantaine - ce qui signifiait l’exil.

 

 

Interview d alevis vivants en France

 

N.C. : En quoi peut-on vous dire chi’ites ?

F.D. : Nous nous sentons proches de tous les mystiques et notamment de ceux de l’islam, dont Ali et Hussein, fondateurs du chi’isme. Mais nous n’avons rien à voir avec le chi’isme d’État inventé par la dynastie iranienne des Safawides, au xvie siècle. Ces derniers ont été des centralisateurs terribles, qui n’ont cessé de pourchasser les soufis. Beaucoup de musulmans nous reprochent cette sympathie pour Ali et Hussein, alors que nous ne lisons même pas le Coran... Pour nous, la cause d’Ali est celle de la justice et du droit.

 

N.C. : Mais n’êtes vous pas musulmans ?

F.D. : Non. On pourrait dire que nous sommes des syncrétistes, pour qui le chamanisme, c’est-à-dire la recherche de Dieu dans la nature avec l’aide d’un guide, le chamane, compte autant que les religions du Livre.

M. D. : Pour nous, ce qui compte avant tout, c’est l’homme ! Dieu et l’Homme, ces deux notions sont indissociables. Et le chemin de la découverte de Dieu en l’homme passe par l’amour des pierres, des arbres, des rivières, des animaux... Pour nous, la nature est fondamentalement sacrée.

 

extrait du site des alevis de France

 

Le systeme de croyance des Alevi-Bektachi et leurs rituels

 

L’Histoire:

Aux 8eme et 9eme siècles au cours desquels la pensée musulmane se répandait jusqu’au nord de la péninsule arabe, les peuples vivant à Horasan et Mavera-ün Nehir’ rencontrèrent les ethnies turques qui venaient d’Asie Centrale. Ces peuples ont du apprendre à vivre comme les peuples arabes et ont donc suscité petit à petit des changements, et au final ceci s’est concrétisé par une acceptation de l’Islam chez le peuple Turc.

Après la mort de Mohammed, la culture et le droit arabo-islamiques devinrent très politisés. Ceci a conduit à un cadre politique et civil mal accepté par les nomades. En d’autres termes, tandis que ces peuples acceptaient difficilement le fondement de la pensée islamique, ils arrivaient pas non plus à accepter le système juridique découlant de l’Etat arabo-islamique et notamment à son organisation proprement étatique.

 

En effet, cela était difficilement conciliable avec leur culture nomade.

A titre d’exemple, les droits individuels reconnus dans le droit civil arabo-islamique n’existaient pas auparavant dans leur système de valeurs. Leur application s’accordait mal à leur mode de vie: la polygamie, l’esclavage, le recouvrement de la femme turque (début du débat sur le port du voile), les mariages arrangés, le droit de divorce accordé qu’à l’homme, une diminution de la part de l’héritage pour la femme, le témoignage de deux femmes est équivalent à celui d’un seul homme, un délaissement de la scolarisation des filles, une limitation de la liberté de la femme.

Bien qu’ayant nécessairement des liens économiques avec eux, ces peuples nomades étaient plus démocratiques que les ethnies arabes. Leur culture juridique était fondée autour de la notion d’Egalité, ce qui transparaissait dans les droits individuels et notamment le principe d’égalité homme-femme. Ces caractéristiques ont persisté bien après leur conversion à l’islam. Ainsi l’existence de monuments religieux, ouverts aux femmes comme aux hommes, démontre-t-elle que les femmes bénéficiaient de droits égaux non seulement dans le domaine privé et social mais aussi dans la vie publique et politique. L’existence de ces monuments à Kayseri et en Anatolie de l’ouest démontre l’existence d’une conception de droit civil progressiste.

Dans la région appelée Horasan, un passage assez rapide s’est effectué du polythéisme au monothéisme. Lors de ce passage, certaines des ethnies, plus particulièrement les ethnies turques, se sont converties à l’Islam en raison des différentes pressions exercées par l’État. Ils l’ont donc interprété de manière à mieux l’assimiler. Ils ont ensuite suivi le chemin d’Ali et les douze imams et ont ainsi accepté ce qu’on appelle le soufisme.

 

Différence entre les Alevis et les sunnites.

 

Dans la pensée Sunnite, les individus respectueux des règles, surtout des cinq piliers de l’Islam, sont considérés comme étant vertueux. Ainsi, cette pensée souligne l’importance du respect des obligations formelles.

le soufisme s’attache d’avantage au fond qu’à la forme. Les individus se doivent d’améliorer leur éducation afin de devenir plus vertueux. Comparé aux autres courants politico-religieux, l’idéal poursuivi par Ali et ses disciples, les douze imams, est parcouru d’idées plus humanistes, empreintes de davantage de tolérance. Ainsi les droits individuels, ne dépendaient-ils pas du sexe; il s’agissait de droits plus généralement rattachés à tout être humain, femme comme homme.

Le soufisme est associé avec la culture du monastère d’Ahmet Yesevi qui se trouvait alors au Turkestan (aujourd’hui au Kazakhstan). Ce monastère fut le berceau de cette nouvelle école d’interprétation, d’où furent issus plusieurs khalifes et philosophes religieux qui contribuèrent au rayonnement de cette interprétation, notamment vers l’Est, permettant sa diffusion au plus grand nombre. Cette conception a été la base du système de croyance Alevi-Bektashi, plus connue sous l’appellation d’Alevis d’Anatolie.. C'est une pensée empreinte de paix reposant sur le respect de l’individu, le travail et le savoir

Dans ce système de croyances, le principe de respect de toutes choses vivantes créées par Dieu/Allah prime également car chacune porte la marque de Dieu/Allah; l’expression «En’el Hak» de Hallac-ı Mansur est le reflet de ce principe. Ces philosophes (Horasan erenleri et Anadolu erenleri ) convertirent à ce nouveau système de croyances les peuples qu’ils rencontrèrent, tout en respectant leur culture identitaire. En effet, ils réussirent à rassembler tout un éventail de cultures dans le respect absolu de l’individu et de ce qui est le fruit du créateur.

 

Le système de croyances Alevi–Bektashi d’Anatolie a pu intégrer en elles toutes sortes de cultures, en sachant n’en mépriser aucune (bien au contraire en s’en enrichissant), qu’il s’agisse des cultures locales ou de celles des nomades. C’est pour cette raison que dans les rituels rattachés à cette mouvance, l’on rencontre des traces des cultures saman, romaine et grecque. Le côté la plus intéressant des «erenler» d’Anatolie est que leur soit confié une épée de bois par leur maître avant qu’ils ne quittent leur monastère pour devenir chef religieux dans une autre région. Ceci symbolise le fait que tout en étant un combat, la mission ne doit aucunement être sanglante car il s’agit uniquement d’un combat d’idées. Ainsi les “erenler” d’Anatolie ont-ils contribué à la création du droit administratif, droit commercial et droit civil pendant la période des Seljukides et au début de l’Empire Ottoman:

 

 

 

EXTRAIT D UN SITE DES ALEVIS DE FRANCE

 

“ Il n’y a pas de distinction de sexes dans les débats

Tout ce que Dieu a créé est là.

Il n’y a aucune distinction entre homme et femme

La lacune est dans tes opinions.”

Hacı Bektaş-ı Veli(Xlll.siécle)

 

 

L’Alévisme:

Par opposition à l’attitude catégorique à la façon de créateur-celui qui a été créé- le Bektachisme/ Alévisme a fait des explications dans le cadre du parallélisme de l’unité-la pluralité (Vahdet-i Vucut). Le Bektachisme/ Alévisme a fait l’homme comme thème, le centre de sa structure ontologique-épistémologique

 

Le Bektachisme/ Alevisme a pour objectif de parfaire l’homme lui-même, en ne faisant pas de séparatisme de religion, des sexes, de race, de nation, de confiance. Ce point de vue de confiance et de pensée a ramassé dans son alentour toutes les valeurs comme la tolérance, l’égalité et le partage.

Les Alévis représentent à peu prés un tiers de la population de Turquie, qui s’élève aujourd’hui à 70 millions d’habitants. Ils possèdent une très riche culture qui apparaît dans leur traditions d'origines multiples, leur littérature, leur poésie et leur musique. La doctrine philosophique alévie est une synthèse de différentes civilisations, cultures et de croyances.

Certains considèrent l’Alévisme comme une religion ou une croyance, d’autres comme une secte à l’intérieur de l’Islam, d’autres encore voient dans l’Alevisme un mode de vie, une culture ou alors une philosophie.

En fait, l’Alevisme n’est pas une religion, c’est un phénomène social qui se repose sur l’attachement à des traditions et des croyances plus ou moins anciennes, mais aussi sur un mode de vie qui était au départ tribal. Du point de vue des croyances, l’Alévisme est le soufisme populaire, le soufisme étant la forme ésotérique. Mais c’est aussi et surtout une réaction contre le dogmatisme et la rigidité de la religion officielle qui est l’Islam sunnite.

 

La doctrine Alévie-Béktachie prend sa source dans les traditions des anciens Turcs et de peuples nomades, semi-nomades puis sédentaires qui ont habité les contrées de l’Asie Centrale, au Proche Orient jusqu'à l’Europe des Balkans. Ils vivent, aujourd’hui, majoritairement en Anatolie. Ils ont adapté totalement ou partiellement les éléments des concepts liés aux différentes religions ou croyances avec lesquels ils ont cohabité: Bouddhisme, Zoroastrisme, Manichéisme, Nestorianisme, Christianisme et Islam. Cette doctrine qui est apparue et s’est développée au milieu de l’Islam en Anatolie, est basée sur l’ésotérisme, mais dépasse tous les concepts qui la composent. Elle s’est ensuite, transformée en un système de pensées, fondé sur l’homme: culture, croyance et rapports humains.

Les Alévis se démarquent de l’Islam parce qu’ils ne vont pas à la mosquée, ne tiennent pas le jeûne du ramadan, parce que les femmes alévies ne se voilent pas et qu’elles assistent aux assemblées, assises à côté des hommes, et parce que les Alévis ne respectent pas l’interdiction de boire de l’alcool.

La plupart du temps, les rituels alevis s’accompagnent de musique. Voici quelques caractères communs de ces rituels, qui sont d’une manière générale emprunts de simplicité:

Chaque rituel est ouvert à tout le monde - il n’y a pas des rituels réservés aux femmes ou aux hommes

Hormis pour les rituels mortuaires, il y a toujours de la musique ainsi que des danses appelées sema-semah

Chaque rituel est dirigé par quelqu’un nommé Pir, Postnişin, Dede, Baba (père)

 

 

Quasiment chaque rituel comprend une distribution d’un «lokma» (un repas rituel). A part le mois du Muharrem, il peut être procédé à des sacrifices. Le don d’un «lokma» est un lien sociologiquement important entre l’individu et sa communauté. Le «lokma» n’est pas consisté de plats en particulier. Selon la richesse de l’individu qui l’offre, la «bouchée» peut être plus ou moins élaborée suivant ses moyens. Ce qui compte c’est la volonté de donner quelque chose à la communauté et son acceptation par elle.

On peut répartir en deux catégories les rituels des Alevi-Bektasi: les rituels de vie et ceux de croyance.

Avec la même ouverture d’esprit, les Alevis ont édicté certaines règles: être vertueux, ne pas faire de mal aux vivants, être capable de maîtriser sa main, sa langue, son désir, connaître son compagnon ou sa compagne, son travail, respecter les droits des individus, regarder de la même façon les soixante-douze nations. Cette éducation est donnée dans le cadre des «cems». Le non-respect de ces règles est puni. Les punitions peuvent être de différentes sortes: demander pardon et aller jusqu'à l’exclusion de la communauté.

 

 

 

annexe 3 les derviches

 

Les Derviches tourneurs

 

Celaleddin Rumi ou Mevlana est le plus grand philosophe et mystique de l’Islam Turc. On l’appelle Rumi parce qu’il vivait en Anatolie, pays des Romains pour les Arabes. Le surnom de Mevlana qui lui fut donné par ses disciples signifie "notre maître".

Mevlana naquit en à Balkh en 1207, au Khorasan, région frontière entre l’Iran et l’Afghanistan. La famille de Mevlana était très connue et son père un éminent théologien.

En 1244, la rencontre capitale de sa vie avec un derviche errant, Sems ( Shams ) de Tabrizi, qu’ il devint son maître spirituel. En 1247, Sems de Tabrizi fut assassina. La mort de Sems de Tabrizi inspira Rumi ( Mevlana ) le Sema, ou la danse de derviches tourneurs, manifestation spontanée d’émotion et de douleur, Mevlana compose son « Divan », odes qui sont des chants d’amour et de deuil. Mevlana mourut le 17 décembre 1273.

 

Le Sema, ou danse sacré des derviches tourneurs, s’exécute dans le Semahane ( salle de danse ). Le derviche est vêtu d’une longue tunique blanche, couleur du deuil pour la mort, et d’une toque cylindrique en poil de chameau, symbole de la pierre tombale. La main droite levée vers le ciel, il recueille la grâce divine qu’il transmet à la terre par la main gauche tournée vers le sol. Il pivote sur le pied gauche en traçant un cercle au tour de la piste pour parvenir à l’extase qui lui permettre de s’unir à Dieu. La danse est dons est une prière, un dépassement de soi à l’union suprême avec Dieu. Elle produit la rotation des planètes au tour de soleil. Le cercle est également le symbole de la Loi religieuse qui embrasse la communauté musulmane toute entière et ses rayons symbolisent les chemins menant au centre où se trouve la vérité suprême, le dieu unique qui est l’essence même de l’Islam.

 

La pensée de Mevlana et le soufisme

 

Pour Mevlana, le but essentiel est de rejoindre l’existence divine. La recherche de Dieu, ou recherche de l’unité, est d’ailleurs au centre de l’Islam. On peut y accéder par la mort ou par l’amour de tout ce qui existe, puisque tout le monde est reflet de Dieu. Aimer l’humanité, c’est aimer le Dieu. Par l’amour on atteint l’être absolu, l’anéantissement en Dieu.

Peu Importe le chemin suivi pour rejoindre Dieu : chrétiens, juifs, bouddhistes, musulmans ont le même Dieu. Mevlana ( Rumi ) et plusieurs sultans seldjoukides avaient épousé des femmes d’origine chrétienne qui restent libres de conserver leur religion. L’appel de Mevlana s’adresse à tous : « Viens, qui tu sois, croyant ou incroyant, viens, c’est ici la demeure de l’espoir. » Cette attitude œcuménique trouve sa place dans le monde turc qui a toujours fait preuve d’une extrême tolérance dans le domaine religieux.

 

Les derviches

Les derviches vivaient dans la prière, la méditation et l’obéissance absolue au sheikh ( supérieur ). La remise du froc de laine ( suf ) habits des prophètes qui ont précédé Mohamed, comme Jésus, était le symbole de leur investiture. Les nouveaux initiés devaient se livrer à des pratiques ascétiques et jeûne : menant 1001 jours, ils devaient exécuter les travaux les plus rebutants, dormir sans matelas et accepter d’être battus pour leurs fautes, car c’est la pratique de l’humanité et de la charité que l’on parvient à Dieu.

 

 

 

 

 

Detail sur la danse extrait d un texte de jh Prevost petit manuel de l humanite

 

Les préludes à la cérémonie.

 

Les derviches entrent dans la salle habillés d’un ample manteau noir qui représente la mort, la tombe, la lourdeur terrestre et l’enveloppe charnelle. Ils sont coiffés d’une haute toque de feutre, qui est à l’image de la pierre tombale. Leur habit blanc, symbole du linceul et de la résurrection, dépasse légèrement le bas de leur manteau. Cette discrète présence de la couleur blanche symbolise également la vie, la renaissance attendue.

 

Le maître, le shaykh, entre le dernier derrière les derviches. Son ordre d’entrée signifie que la quête de l’UN est toujours précédée par une recherche dans le multiple. Donc respectivement, le maître incarne l'unité, et les danseurs la multiplicité. Mais en tant que maître, le shaykh est aussi le premier, dont dépend la multitude. Ayant réalisé l’UN, il contient en lui toutes les vertus en perfection, dont la plus importante et la plus difficile à réaliser est l’humilité. Son entrée derrière les danseurs indique qu’il a vaincu son ego et pacifié son âme. Il suit donc humblement les derviches qui sont ses disciples, donnant ainsi l’exemple de l’humilité. Le haut bonnet du maître est enroulé d’une écharpe noire (turban) indiquant sa dignité. L’enroulement du turban renvoie à l’image du cercle symbole de la totalité, de la perfection. Cela signifie que le shaykh a déjà parcouru la voie initiatique, l’arc de la remontée et a réintégré sa nature primordiale, exempte de toute imperfection. Ainsi, il a bouclé le cycle d'involution et d’évolution.

 

Le maître, après avoir salué les derviches, s’assied devant le tapis rouge en peau de mouton, dont la couleur évoque le soleil couchant, qui incendiait le ciel de Konya le soir du jour où mourut Mawlânâ, le 17 décembre 1273. Le maître se trouve donc au point d’intersection du temporel et de l’intemporel, lieu où les oppositions sont dépassées, lieu où l’Unité est réalisée. (Voir Note a).

 

A ce moment, un chanteur chante les louanges du Prophète, dont Rûmî a écrit les paroles :

" C’est toi le bien-aimé de Dieu, l’envoyé du Créateur unique..."

Ce chant est une mélopée imprégnée d’une profonde solennité. Son chant terminé, le chanteur se rassoit. Un joueur de flûte improvise un prélude. Puis le shaykh lève les mains de dessus ses genoux et frappe la terre. Ce geste signale que le SEMA va commencer. Mais son sens symbolique est très profond. Ce geste fait penser à un acte magique, créateur. Par là il évoque l’acte créateur démiurgique "Kun = Sois". Ce symbolisme est indissociable de la notion fondamentale de "Mithaq", le pacte primordial, qui renvoie à la préexistence des âmes.

 

Le shaykh se lève ensuite ainsi que les derviches. Alors commence le tour appelé le "tour du sultan Valad", le fils de Rûmî. (Voir Note h) Les derviches avancent lentement et font trois fois le tour de la piste. Chacun à un endroit donné se retourne vers celui qui le suit et tous deux s’inclinent profondément, puis reprennent leur tour. Cette circumambulation est l’image des âmes errantes, s’agitant, cherchant à la périphérie de l’existence. Le premier tour symbolise l’exotérisme, le deuxième l’ésotérisme, le troisième la Vérité. Mais la périphérie de l’existence contient déjà cette dernière dans la révélation de la Loi. Leur salutation mutuelle est le symbole de la solidarité spirituelle, où les âmes se reconnaissent mutuellement comme étant d’une même origine. C’est aussi la réciprocité des consciences, chacun des derviches servant de miroir à l’autre.

 

A la fin du 3ème tour, le maître s’assoit sur son tapis et les danseurs se mettent dans un coin. Pendant quelques instants les chanteurs chantent en chœur. Le chant terminé, les derviches, en un geste triomphal, laissent tomber leur manteau noir, montrant leur habit blanc. L’œuvre au blanc commence. La chute du manteau est l’illusion qui disparaît. Les ténèbres sont éclairées par la lumière qui va à présent guider le voyageur. Le manteau noir, qui tombe, préfigure la mort, laquelle sera vaincue à la fin de l’œuvre. La voie ésotérique c’est aussi le dépouillement. Quand le manteau noir, l’enveloppe charnelle, l’attachement terrestre est quitté, c’est une seconde naissance, c’est-à-dire la résurrection, l’image même du jour du jugement dernier. De même que l’homme ressuscitera ce jour-là pour s’exhausser à un niveau d’existence spirituelle plus élevé, de même qui désire parvenir à l’unité doit mourir et ressusciter dès ici-bas. C’est là le sens simple du "hadith" du Prophète : " Mourez avant de mourir ". Lorsque les danseurs apparaissent dans leur habit blanc, c’est le corps de lumière qui naît. En outre, ce geste hautement significatif indique que tout changement d’état est précédé d’une phase d’obscurité et d’enveloppement.

 

 

Le shaykh était assis sur le tapis rouge, signifiant par là que l’Unité est toujours là, accomplie, mais en attente. Voyant les derviches animés du désir sincère d’accomplir le Grand Œuvre, il se lève et répond pour ainsi dire par une affirmation à la demande des derviches qui s’avancent vers lui, s’inclinent, et lui baisent la main, un par un. Ils demandent ce faisant la permission de danser. Mais en même temps, ils prennent l’attachement à la voie initiatique, la "baraka", qui est la transmission de l’influence spirituelle donnée par le maître qui, ensuite, baise la coiffe du derviche. Ainsi celui-ci bénéficiera de la force spirituelle qui le protégera des épines de la voie et qui favorisera l’éclosion de la rose, symbole suprême de l’Unité. En fait, la demande de permission de danser, et l’accord par le Maître de cette permission qu’est l’initiation, signifient tout simplement le renouvellement du pacte primordial, dont nous avons parlé.

 

Ensuite les derviches, les bras croisés, les mains sur les épaules, se mettent à tourner lentement, puis étendent les bras, la main droite tournée vers le ciel et la main gauche tournée vers la terre. Ces deux positions des bras, d’abord pliés, ensuite étendus correspondent respectivement à deux états (ahval) initiatiques sur la voie. La position des bras croisés les mains posées sur les épaules est l’état de contraction (qabd). L’ouverture de la danse est un état de resserrement, car l’impureté fait encore obstacle à la croissance.

Ainsi les bras ouverts, la main droite tournée vers le ciel et la main gauche vers la terre le derviche symbolisera l’Axe de l’Univers, qui n’est autre que l’Arbre de Vie. La main droite recueillera la grâce du ciel et la répandra sur la terre par la main gauche tournée vers celle-ci. L’expansion des bras symbolise la pureté atteinte, Il n’y a plus d’impureté qui empêche la juste circulation des énergies dans les deux sens. A travers l’organe central qu’est le cœur, le chaos du début se transformera en une énergie cohérente, aptitude à recevoir et à donner, qui est l’Amour. Tout en tournant autour d’eux-mêmes, ils tournent autour de la salle. Ce double tour figure la loi de l’univers à l’échelle macrocosmique et microcosmique. C’est l’homme qui tourne autour de son centre, qui est son Cœur, et ce sont les astres qui gravitent autour du soleil. Ce double symbolisme cosmique recèle le véritable sens du SEMÂ : c’est la création entière qui tourne autour d’un centre unique et invisible.

 

Les deux premières danses sont effectuées en commun, la troisième se fait individuellement, car ici le temps est dépassé. Le nombre 3 exprime que la dualité, la chute dans le temps sont vaincues. Donc ce nombre 3 signifiera la " restitution de l’état primordial ", l’état où l’homme recouvre le sens de l’éternité. C’est le troisième œil de la tradition hindoue, et par là il obtient l’immortalité virtuelle, car jusque-là il est encore dans l’état humain.

La quatrième danse faite par le maître tout seul est la dernière phase du SEMÂ, dont le sens se rapporte à " la conquête effective des états supérieurs de l’être". (Voir Note g). Le shaykh danse en tournant sur la ligne droite au centre du cercle. Jusque-là il était resté immobile, veillant scrupuleusement sur les derviches. Cette non-participation à la danse se rapporte à la transcendance divine, et son entrée dans la danse symbolisera l’immanence divine. Avec cette danse du shaykh, l’unité viendra couronner l’effort de l’homme. La ligne droite est la voie la plus courte, qui mène à l’Union. Mais les derviches n’ont pas le droit d’y marcher, seul le maître peut se le permettre. Cette ligne symbolise également les deux mondes exotérique et ésotérique qui, tout en se touchant, sont séparés par elle. Seul le maître, en qui l’Unité est réalisée, ou le Grand Œuvre, peut marcher sur elle. Ce qui signifie qu’il a atteint à la parfaite maîtrise des deux mondes il se place au centre du cercle, il donne l’image réalisée d’un des noms d’ALLAH : "Maître des mondes", dans la sourate d’Al-Fâtihâ.

 

Après Sa danse, le maître revient à sa place et le SEMA " s’arrête " un chanteur psalmodie le Coran. La récitation coranique est une réponse de Dieu, signe que le Grand Œuvre est accompli ; la matière a atteint Sa perfection. Le retour du maître à sa place symbolisera la subsistance (al-baka), après l’extinction de l’ego (al-jânb) dans le Divin. Mais une fois l’Union totale, la Transmutation alchimique réalisées, l’homme atteint l’état de "soufi", et dès lors, ayant fait l’expérience suprême, le soufi sera "celui pour qui l’or et la boue ont la même valeur". La fin de la danse, le retour au monde dans l’état de "subsistance", correspondent à la réalisation "ascendante". Jusque-là la Création était une illusion ; l’homme véritable comprend après la "réalisation" que le monde, la création, participent du Divin. Lumière sur Lumière.

Ainsi se termine le SEMA ; il sera suivi de quelques autres salutations et d’une séance de "dhikr mawlawî (Hû — Lui)". Ensuite, le maître, en qui se réalise la communion de tous, se dirige lentement vers la sortie, suivi des derviches et de l’orchestre. L’image du cercle, symbole de la totalité et de la perfection, sera ainsi manifestée. Désormais, c’est la multitude qui dépend de l’Unité.

 

- Le SEMÂ sera donc considéré comme un éveil des âmes, pour se ressouvenir de ce jour où Dieu questionna l’humanité encore incréée et contenue dans les reins d’Adam "Ne suis-je pas votre Seigneur ?", et les âmes répondirent : "Oui, nous l’attestons." Le grand maître Junayd, qui voyait dans l’oratorio spirituel la préfigure du retour des âmes à leur état "de pensée de Dieu", dit qu’à cette question une douceur s’insinua dans les âmes. Le SEMA sera le moyen par lequel les âmes rechercheront cette douceur primordiale, ce germe d’amour divin déposé dans les cœurs.

le SEMA, qui signifie "ciel", était étudié conjointement à la physique, laquelle était une branche du savoir toujours en rapport avec l’astronomie et l’astrologie. Rien de surprenant donc que le mot SEMA en vienne à désigner la ronde des astres. " Ô jour lève-toi. Les atomes dansent. les âmes éperdues d’extase dansent. La voûte céleste, à cause de cet Être, danse ", s’écrie Rûmî. Le SEMA exprime ainsi le tournoiement, le devenir incessant des atomes, des astres et des âmes.

Trois citations de Djalal al-Din Rûmi

 

1 - Ta beauté, ô mon aimée, m'empêche de contempler la Beauté.

 

2 - Dès l'instant où tu vins dans ce monde de l'existence,

Une échelle fut placée devant toi pour te permettre de t'enfuir.

Car d'abord tu fus minéral, et puis tu devins plante;

Puis tu devins animal : comment l'ignorerais-tu?

Puis tu fus fait homme, doué de connaissance, de raison, et de foi.

Considère donc la perfection de ce corps tiré de la poussière.

Quand tu auras transcendé la condition de l'homme,

Sache que tu deviendras certainement un ange.

Alors tu en auras fini avec la Terre et ta demeure sera le ciel.

Dépasse même la condition angélique et pénètre dans cet océan,

Afin que ta goutte d'eau puisse devenir une mer.(.../...)

 

3 - Recherche continuellement le royaume de l'Amour

Car ce royaume te fera échapper à l'ange de la mort.

Car je suis l'atome et je suis le globe du Soleil,

A l'atome, je dis "demeure", et au Soleil "arrête-toi".

Je suis la lueur de l'aube et je suis l'haleine du soir,

Je suis le murmure du bocage et la masse ondoyante de la mer.

Je suis l'étincelle de la pierre et l'oeil d'or du métal...

Je suis tout à la fois le nuage et la pluie et j'ai arrosé la prairie.

Purifie-toi du moi afin de voir et distinguer ta propre et pure essence.

Et contemple dans ton seul coeur toutes les sciences des prophètes,

Sans nul livre ni professeur, et surtout sans maître.

 

 

 

 

 

 

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commentaires

M

Bonsoir je suis en première année d'archéologie et pour mon cours d'art et d'archéologie de l'empire Byzantin, je dois faire un exposé et j'ai choisi l'église de Tokali kilise et j'ai vu
que vous aviez été la visiter, donc je me demandais si vous pouviez m'apporter quelques informations ou photos (parce que vous avez écrit en 30 scènes et malheuresement sur internet on ne trouve
que quelques photos)


je vous remerci d'avance.
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