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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 14:54

dimanche 4 février 2007

Santiago de Cuba

 

Depuis la marina, nous avons pu visiter un peu  la région orientale de Cuba.

 

Baracoa et la pointe est de Cuba

Baracoa se trouve sur la cote nord ouest de Cuba, à 250 kms de Santiago. Nous y sommes allés en voiture de location. La route passe par Guantanamo, qui n’est pas seulement une base américaine mais aussi une grande ville cubaine, très tranquille. Son centre est une place, la place Cespedes évidement, longée par les  2 rues principales bordées de maisons style colonial revues 1930 ou rococo.

Après Guantanamo, la route longe d’abord la mer dans un  paysage de collines calcaires et de végétations sèche ; c’est pas mal, mais le principal interet en est la richesse en panneaux vantant la révolution avec des phrases sentencieuses, de Marti  ou  de Fidel, ainsi que les différentes espèces de memorials dressés pour les 5 héros.

Ensuite la route aborde la montagne et le paysage devient très beau , probablement un des plus beaux des Antilles .La végétation est variée , avec des palmiers et des pins ,et beaucoup d’autres espèces . Il y a très peu d’habitations, quelques fermes au toit de palme. Cependant au passage du col, des petits vendeurs nous proposons  mandarines,  bananes, boules de cacao et colliers de coquilles d’escargots  très colorées.

 A l’entrée de Baracoa, la route se peuple de dizaines de piétons, de vélos et de calèches. A peine arrivés, un jeune à vélo nous interpelle et demande si nous désirons une casa particulare et nous précède pour nous en montrer une, en vérifiant au tournant qu’il n’y a pas de policiers. Nous visitons la casa de Nancy ; c’est une maison coloniale à deux étages, nous aurons une chambre et une salle d’eaux dans une aile de la maison. C’est 25 CUC.

Baracoa se flatte d’être la première ville fondée à Cuba .Le centre historique se trouve sur une bande de terre séparant une grande anse de la mer. Ce sont surtout des maisons à un étage, en bois ou ciment, avec des colonnades. Aucune n’est jolie, mais l’ensemble a du charme. Sur les places, les gens discutent ; ce sont essentiellement des cubains, car il y a peu de touristes.

Les rues sont encombrées de bicitaxis, qui foncent et de vélos qui flânent. Il y a très peu de voitures.

Au centre, 4 soirées musicales se concurrencent l. Le premier soir, après avoir fait notre choix en écoutant  de l’extérieur nous en avons choisi une, avec une terrasse, ou nous avons bu des mojitos. Le meneur de l’orchestre a fait danser les jeunes femmes présentes (AM aussi bien sur) C’était sympathique mais hélas le deuxième soir, il a beaucoup plu transformant les rues de la ville en rivière ; impossible de sortir.

A partir de Baracoa, nous avons été vers l’est jusqu’au rio Yumuri par une très belle route de montagne, puis vers l’ouest jusqu’à une petite plage fréquentée par quelques touristes et quelques locaux .Il était possible de manger des langoustes, mais dans notre cas, les langoustes nous attendaient au repas du soir ; nous nous sommes  donc abstenus. Sur la route, nous avons eu aussi des propositions de langoustes par des petits pécheurs

 

Bayamo

La route Santiago Bayamo n’est pas aussi belle que celle de Baracoa ; elle traverse surtout des plantations de canne à sucre, avec des haies d’orangers .Située à 130 kms de Santiago, la ville de Bayamo a beaucoup de charme : très propre, des maisons  bien entretenues, des squares pour discuter à l’ombre, une rue piétonne avec pas mal de tiendas et une décoration astucieuse. Les gens y sont plutôt mieux habillés qu’ailleurs et plus aimables. Nous avons été très bien reçu à la banque comme  au restaurant (à noter car ce n’est pas si fréquent). . Bref cela valait les 5H de route aller et retour, pour voir cette jolie ville, preuve que l’embargo n’explique pas tout le délabrement des autres villes.

 

 

Santiago

Comme les autres villes de Cuba, Santiago ne nous a pas semblé à la hauteur de sa réputation. Le centre historique est assez petit, avec quelques beaux monuments ou palais. Il n’ y a que peu de places  agréables, lieux de rendez vous des locaux surtout le soir. Sorti de ce petit centre historique, la ville fait, non pas délabrée, ce serait trop fort, mais mal entretenue et avec des constructions style bidonvilles , même dans des rues par ailleurs normales.

Près de la place centrale, (place Cespedès bien sur),  la  grande rue commerçante a de nombreuses  boutiques ou on paie en CUC  …et beaucoup de monde pour acheter. Cette rue est grouillante de piétons. Du fait de l’étroitesse des rues et du grand nombre de camions autobus qui, à chaque accélération, dégage un épais nuage de fumée noire, l’air est difficile à respirer. Ailleurs tout parait endormi, en particulier les plantons et réceptionnistes des innombrables édifices abritant des organismes officiels 

 Quant à la vie musicale, nous l’avons trouvé pauvre par rapport à La Havane. Certes nous n’y avons été qu’une fois le soir, un vendredi, car après 22 h il devient difficile de trouver un taxi mais ce soir là, à 21H, à la Trova (maison de la musique toujours citée dans les guides) il n’ y avait sur une scène que 3 musiciens hors d’age … et 4 spectateurs. Nous sommes retournés à ce qui s’appelait il y a 4 ans, la casa du boléro, avec un bon orchestre : une dizaine de locaux viennent danser, en se mêlant a une autre dizaine de touristes .L’ambiance est sympa et nous avons passé une bonne soirée ; AM a eu un grand succès comme danseuse, et a eu deux amoureux (de sa façon de danser).  A minuit nous sommes repassés devant la Trova, et l’ambiance vue de l’extérieur paraissait un peu glauque : beaucoup de vieux occidentaux. à la recherche de l’âme soeur C’est à Santiago que nous avons vu le plus de « couples mixtes. »

Selon les chauffeurs de taxi, la ville n’est plus très sure . Nous ne le pensions pas mais quand on voit la surveillance dans les tiendas, avec fouille des paniers et contrôle avec le ticket de caisse à la sortie, c’est peut être vrai.

 

jeudi 8 février 2007

Port Morgan  île a vache

Après 2 ans, nous voila de retour à l’île a vache, un de nos mouillages préférés des Antilles.

Et nous l’avons bien mérité cette année.

Les autorités étaient informées de notre départ  lundi 9 H. Ils sont arrivés vers 10H 30, sans un mot et en disant à peine bonjour .Il y avait encore un chien, qui ne supportait pas l’insecticide que le matin un chargé des affaires sanitaires avait répandu s;eul moment amusant de cette longue matinée,  après le chien, un officiel en vert a fouillé le bateau, scrutant la trousse à crayons, la trousse de toilettes et les petites culottes d’AM  pour chercher quoi,…. Finalement au bout d’une heure nous avons eu les papiers de sortie et ils nous on demandé quand nous reviendrions ; j’ai répondu : «  quand il y aura moins de contrôle ».Ca ne sert à rien , mais ça soulage …et nous avons quitté Cuba.

La brise de mer s’était levée : 8 nœuds de Sud Ouest et nous avons fait voile en longeant la cote, belle cote de hautes collines calcaires couvertes de broussailles sèches.    Puis à la hauteur de Bacoanoa, le vent est tombé et nous avons mis cap au moteur vers Haïti. Le vent est revenu nord est 12 nœuds vers 2 h du matin, nous permettant d’arriver  à Haiti à la voile. La cote ouest d’Haiti est bien belle avec des montagnes verdoyantes et un peu boisées. Sur l’eau il y avait pas mal de barques à voile et aussi à rames  ramassant les casiers .Le vent s’est arrêté pour reprendre 2h plus tard à hauteur du cap des Iroises . Nous avons louvoyé pour passer le cap Tiburon, puis le vent est de nouveau tombé et nous avons remis le moteur. Pas pour longtemps, car il s’est vite arrêté, brutalement. La pompe d’alimentation n’arrivait plus à pomper. A tout hasard, j’ai changé le filtre à fuel, j’ai essayé de changer la pompe d’alimentation, mais comme je n’arrivais pas à la décoller du moteur, je n’ai pas insisté. Et ,après deux heures d’effort, nous avons continué à la voile, avec un vent oscillant entre 4 et 6noeuds ,le tout entrecoupé de grains avec des trombes d’eau mais, hélas, pas de vent; il nous restait environ 40 miles à faire en ligne droite ! La nuit a été longue avec ce vent changeant souvent en direction : La trace du GPS ressemble à un parcours d’ivrogne.  Finalement vers 10 H 15, nous sommes arrivés devant le mouillage et tirés par une grosse barque à moteur, nous avons pris un corps mort. Au mouillage, 5 bateaux français et sur l’un deux, Wiltor et Wilma, deux vieilles connaissances, qui sont venues nous dire bonjour.

Je suis parti voir Didier ( le patron de l’hotel ,un ex navigateur, français), qui m’a dit d’aller voir Hubert, un autre  français  vivant depuis 10 ans dans une anse à coté et bon mécanicien. Nous sommes allés le chercher et il a bien voulu venir de suite. Après des recherches, il a trouvé la panne : un reste de joint s’était mis dans le tuyau d’aspiration de la cuve à fuel et le bouchait hermétiquement. Ouf !! maintenant ça marche.

   

 

 

 

IMPRESSION GENERALE SUR CUBA

 

Finalement ce que nous retiendrons de Cuba, c’est d’abord une attitude « officielle » de la Guardia d’hostilité envers les voiliers, ce qui n’exclut pas la gentillesse de certains de ses membres. Cela doit se savoir, car on ne voit plus que très peu de bateaux. Selon les statistiques de la marina de Santiago, il n’y a eu que 10 bateaux en Janvier de cette année .Cette attitude d’hostilité se manifeste par des contrôles tatillons, voire carrément insupportables comme pour nos voisins hollandais de Santiago ou les douaniers sont venus avec des outils pour démonter tout ce qu’ils pouvaient démonter dans le bateau. Elle se manifeste aussi par de nombreuses interdictions d‘aller à terre, voire même de mouiller dans certains  ports (pourtant indiqués comme possibles dans nos guides nautiques). 

Nous avons aussi l’impression que les gens de la Guardia ont peur : peur de mal faire, peur d’avoir des ennuis ; donc ils remplissaient des bouts de papier, en  nombres toujours plus grands, d’informations sur le bateau : quantité d’essence, de diesel, hauteur du mat,  etc... Ce qui ne peut expliquer l’interdiction d’aller a terre de nuit comme à Manzanillo, ou de laisser le bateau seul à Nueva Gerona.

Comme on peut continuer à aller librement dans les cayes désertes, ce doit être pour éviter les contacts avec la population. .

 

En fait, nous avons trouvé les gens beaucoup plus distants qu’il y a 4 ans ; des cubains rencontrés dans un petit village étaient montés prendre un verre sur le bateau ; cette année, ils n’ont pas voulu y remonter et nous ont apporté les fruits et légumes commandés à la nuit noire .Très peu de pêcheurs nous ont proposé du poisson, voire adresser la parole. Le bon coté c’est que dans les villes le harcèlement, pour un resto, une maison particulière, des cigares. Ne prend plus la forme que d’une proposition susurrée en passant très vite.  Il n’y a donc pas de harcèlement et même dans les sites touristiques, la pression n’est quasi nulle ce qui nous arrange bien car il suffit d’avoir l’air de ne pas entendre.

  Il nous semble que le contrôle des gens est encore plus strict qu’avant.

 

Coté économique, cela va mieux, au moins pour ceux qui ont accès à la monnaie convertible. Ceux la peuvent acheter de tout : les tiendas d’alimentation, de vêtements, d’appareils electro ménagers sont peu nombreuses mais il y a la queue. Et il y a des produits à vendre.  Pas mal de voitures circulent dans les rues des grandes villes , pas seulement de vieilles américaines mais aussi des voitures neuves dont des françaises. Certaines ont des plaques d’immatriculation rouges, voitures d’entreprise, mais elles transportent des familles ; il y a aussi des voitures particulières à plaque jaune. Il y a donc création d’une classe de privilégiés : ceux qui ont accès aux pesos convertibles (CUC): propriétaires de casa particulares, ou de paladars, de taxis  ou encore tous ceux qui peuvent toucher des pourboires, ayant accès aux touristes. Notre loueur de maison à Baracoa avait une employée de maison. Quand nous pouvions discuter un peu et dire que les choses s’amélioraient, nous avons ressenti une certaine rancœur chez tous ceux qui ne sont payés qu’en pesos  et si peu, et même chez  les salariés en cuc (médecins, enseignants, employés des hôtels ou resto d’état). Alors que le salaire mensuel d’un médecin est de 25 CUC, un repas dans une casa particulière coûte environ 8 CUC à un touriste   

Mais il faut aussi relativiser : par exemple le salaire d’un médecin n’est que de 2O euros par mois  mais logement, santé, éducation, et légumes sont quasiment gratuits. Evidement il ; n’y a pas besoin de chauffage.

Nous ne comprenons pas non plus comment on peut voir autant de cubains dans les restaurants à CUC, ou alors ils payent en monnaie locale tandis que nous payions en cuc ; nous croyions avoir compris que ce n’était pas le cas.

 

Une autre impression forte de Cuba est celle de l’omniprésence des queues : d’abord aux tiendas et aux banques, mais aussi aux glaciers, aux vendeurs d’encas le midi , et  surtout aux arrêts d’autobus ( en général camions puants et même tracteurs dans les petites villes)  Tout semble organisé pour ralentir le travail, en multipliant les contrôles et la prise d’informations ; changer des euros en CUC prend environ 15 minutes, nécessite deux copies des passeports, quelques fois l’adresse à Cuba, et 3 signatures .Comme il est possible de retirer de l’argent aux caisses automatiques (quand elles existent), on peut se demander à quoi cela sert. Pour tous les services que nous avons utilisés, nous avons eu l’impression qu’il y avait 3 à 4 fois plus d’employés qu’en France, et ceci à cause de la paperrasserie. Un livre citait une phrase attribuée à un Cubain : «  ils font semblant de nous payer, on fait semblant de travailler »; et bien je trouve qu’ils ne font même plus semblant, ils sont simplement sur le lieu de  travail.

 

Les cubains ont la réputation d’être très accueillants. Cela nous semble bien exagéré. Il y a des gens aimables, mais il y en a aussi des peu aimables. Ceux qui ont quelque chose à vendre vous abordent en disant  amigos, cela veut plutôt dire « pigeon » que « ami ». Ils ne nous ont pas paru rechercher les discussions avec les étrangers, peut être que parce que parlant un peu d’espagnol nous espérions trop des contacts. Nos hôtes de casa particulares ont par exemple été aimables, mais pas très désireux d’échanges.  Quant aux professionnels du tourisme et des marinas, ils sont en général très en dessous de l’amabilité d’un professionnel occidental normal. Nous n’avons jamais été aidés pour attraper les amarres, ou nous les larguer. Il y a eu très peu de personnes pour nous expliquer ce qu’il fallait faire quant nous étions un peu perdus, devant le mode d’emploi de tel ou tel service.

 

Nous avons discuté avec un couple de jeunes (une bretonne et un québécois) qui parcouraient Cuba en vélo : au bout de trois semaines, ils étaient excédés par les difficultés administratives et le laisser aller général de tous les services.

 

Nous nous ne risquerons pas à prédire l’avenir et l’après castrisme. Entre les frustrations des uns, les délations mentionnées dans les livres (que nous ne pouvons pas juger), l’encadrement et la surveillance exercée sur les gens, tout nous parait possible.

Mais cela sera dur pour les Cubains, …de se mettre à travailler.

 

Il y a 4ans, nous avions apprécié notre séjour à Cuba mais cette année, nous repartons déçus. Nous avions moins vu de villes et plus de petits villages ; nous avions pu nous balader à pied et en vélo dans des endroits ou cette année on ne pouvait plus aller, discuter un peu, acheter aux pécheurs. Cette année , l’atmosphère nous a paru plus tendue : très peu de contacts, peu d’échanges et surtout les mille tracasseries avec la guardia en bateau .Nous avons peu perfectionné notre espagnol…mais nous avons appris à faire la queue

 

 En tout cas nous ne visiterons plus Cuba tant que la Guardia n’aura pas changée. et nous n’inciterons personne à venir visiter Cuba .Ce n’est pas la meilleure destination des Caraïbes ni la moins chère. Nous préférons de beaucoup l’ambiance de la Rep Dom, du Guatemala, ou de Panama (San Blas en particulier), et même nos îles antillaises.

 

.

 

 

PHOTO CUBA

 

BARACOA

1 la grande rue est parcourue par les bicitaxis drivés par des hommes de tous ages ; il n’y pas de cote mais quand les clients sont lourds ce n’est pas si facile

2 rue typique avec des maisons en planches, et deux écolières qui rentrent de l’école

3 dans la grande rue il y a de petites échoppes, ici celle du remplisseur réparateur de briquets

4 notre soirée dansante, AM dans ses œuvres avec l’animateur. Evidement il aurait fallu la vidéo.

5 paysage de montagne : des palmiers et de pins et des maisons au toit de chaume.

 

BAYAMO

6 la place centrale vers midi. Les gens s’y reposent pendant la pause, ou font la queue pour déjeuner.

7 la rue piétonne vers 13H ; à midi elle était noire de monde. Noter les décorations autour des poteaux électriques. L’école d’art plastique est située dans cette rue

 

SANTIAGO

8 La place cespedes un dimanche après midi.

9 un des innombrables camions autobus qui empuantissent les rues du Santiago ; la photo prise lors du départ ne montre qu’un nuage noir..

10 dés que l’on sort des 2ou 3 rues animées , l’ambiance est calme , la belle maison en arrière plan est la maison de Franck Pais, un des leaders de l’insurrection à Santiago , ce qui explique la peinture.

11 la rue comporte des marches, ce qui explique sa célébrité dans les guides. Nous sommes à moins de 100 m de la place Cespedes, 

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